Marketing

Interview Arthur Crinquette : « Devenir un bon influenceur demande un engagement total »

Entretien avec Arthur Crinquette, télépilote de drones

Propos recueillis par Xavier Eveillé - 01 octobre 2018

Cofondateur de la startup lesdroners.fr aux côtés de Claire Le Bourlot, le Vannetais Arthur Crinquette développe une approche alliant blogging et vidéos à l'aide de drones. Il défriche les tenants de cette nouvelle vague du marketing digital.

Claire Le Bourlot et Arthur Crinquette.
Claire Le Bourlot et Arthur Crinquette. — Photo : @lesdroners.fr

Le Journal des Entreprises : Un voyage en Nouvelle-Zélande a été le déclic de l'aventure lesdroners.fr. Ce voyage, le définiriez-vous comme un temps de "recherche et développement" ?

Arthur Crinquette : Claire Le Bourlot et moi-même avons travaillé là-bas sans nous en rendre vraiment compte. C'était un rêve. Etant télé-pilote de drones de formation, Claire experte en blogging, c'est clair que l'idée nous trottait dans la tête. Mais on ne pensait pas avancer si vite. Ce voyage s'est tenu en avril-mai 2017 et a changé l'approche. Du sponsoring et aux chambres d'hôtes plus attendus, on est parti rapidement vers les offices de tourisme, l'hôtellerie, les centres de plongée...

Quel a été le déclic sur le plan business ?

A.C. : Le déclic s'est fait avec Instagram. Nous avons formé une communauté de 40 000 followers en l'espace de 9 mois. Autant nous sommes très spontanés devant la caméra - nous nous mettons beaucoup en scène - autant c'est beaucoup d'analyses post-tournage. Nous avons longuement étudié les hashtags, à quelle période ils étaient les plus actifs, les avons testés...

L'expérience de la Nouvelle-Zélande a servi de référence et a séduit des Comités départementaux du tourisme, comme ceux du Morbihan, de la Loire-Atlantique, du Gers, mais aussi l'équivalent en Croatie, en Pologne, et, plus récemment, l'office de tourisme de Perpignan... Parmi les entreprises, nous avons travaillé pour 727 Sailbags.

Vous avez bâti des campagnes sur Instagram. Les tarifs sont assez opaques dans ce nouveau métier et les entreprises ont souvent l'impression d'en faire les frais. Combien cela coûte ?

A.C. : Dans le marketing d'influence, il faut bien choisir son type d'influenceur. Sous quelle forme, avec quels supports. Cela distingue déjà l'approche community management de celle d'un droner. Les coûts sont différents. Cela dépend aussi de ce que l'on souhaite obtenir en termes d'interactions. Une campagne, en fonction de cela, peut démarrer à 100 € la petite prestation pour aller à 8 000-10 000 € la campagne sur une longue durée avec une communauté de 50 000 à 100 000 abonnés. A 5 000-8 000 abonnés, les prix d'une petite campagne peut revenir aux alentours de 200 à 500 €. Entre 10 000 et 50 000 abonnés, autour de 1 000 à 3000 €.

L'autre critère très important, c'est la qualité des échanges avec la communauté. Certaines communautés de followers sont très investies, prêtes à relayer. Elles enclenchent une action. Typiquement, l'engagement des communautés est plutôt fort dans le lifestyle, le tourisme, le sport, les vêtements... Les marques qui ont besoin de visibilité ont de bons retours sur Instagram, qui colle bien à ces domaines. 

Comment comptez-vous vous structurer à l'avenir ?

A.C. : On pouvait très bien continuer à travailler de chez nous, hors tournages. Mais nous avons ressenti ces derniers mois l'envie d'échanger davantage. Le coworking nous semble la bonne approche. Nous avions rencontré des digital-nomades à Bali. Ils étaient souvent adeptes de ces espaces. On comprend mieux aujourd'hui pourquoi.

Lesdroners.fr participeront le 11 octobre de 14 à 20h à la journée "Travailler avec les droners et les influenceurs", au Reuz à Vannes.

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