François-Xavier Chupin : Expert dans l'art du rebond

Par la rédaction, le 01 mai 2009

François-Xavier Chupin a trouvé son second souffle. Marqué au fer par les déboires du fabricant de chaussures Pindière, cet entrepreneur a relancé en un temps record la marque de sportswear Kappa en France. Il affiche désormais des ambitions européennes. Par Sébastien Payonne
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

S'il fallait lui choisir un totem, François-Xavier Chupin en aurait un tout trouvé: celui du phoenix, l'oiseau mythique qui renaît toujours de ses cendres. Aujourd'hui à la tête de la licence de la marque turinoise de sportswear Kappa pour quatre pays d'Europe - une affaire qui rapportera cette année à sa holding Sport Finance un CA consolidé de 45M€ pour 60 salariés -, ce Choletais de 53 ans n'a pas toujours connu les gloires de l'entrepreneur à succès. En 2004, son nom a même été marqué au fer suite aux difficultés de Pindière, un des fleurons français de la fabrication de chaussures dont il était à la tête. Situé dans la région de Cholet, Pindière, deuxième acteur du marché hexagonal, qui a employé jusqu'à 1.800 salariés pour près de 130M€ de CA, mettait alors en dépôt de bilan nombre de ses filiales, laminé par la concurrence des pays à bas coût et par une stratégie de croissance externe difficile à digérer. À cet échec professionnel s'ajoutent alors des déboires personnels: divorce, «amitiés» qui se détournent,etc. Un cocktail au goût rance qui en aurait achevé plus d'un.




Banco pour Kappa France

Pourtant, François Xavier Chupin va rebondir. Il quitte Pindière et se met illico en recherche d'un nouveau projet d'entreprise. Son choix se porte quelques semaines plus tard sur la marque de sportswear Kappa, dont la licence pour la France est alors possédée par AEF, un négociant situé à Malville, en Loire-Atlantique. Une cible pour laquelle l'entrepreneur décide de faire tapis: il cède tout son patrimoine et sa maison pour investir dans la reprise de la licence, menée via la holding Sport Finance, créée pour l'occasion et basée à Saint-Herblain, dans la banlieue de Nantes. Dans l'affaire, il bénéficie du soutien d'amis indéfectibles, parmi lesquels Patrick de Penanros (le patron de l'agence de publicité Nouvelle Vague), Jacques Bodreau (vice-président opérationnel Europe de Boplan) ou l'administrateur judiciaire nantais Armel Dolley. Ceux-ci ouvrent alors leur portefeuille et oeuvrent à convaincre des banquiers suspicieux face au projet de l'entrepreneur désormais «maudit». La Sodero et BNP Paribas répondent alors présents... François-Xavier Chupin met ainsi la main sur une marque sortie de la plupart des rayons hexagonaux. À l'époque, seule la gamme chaussures est réellement exploitée, débouchant sur un CA de 8M€ pour sept salariés et un réseau d'agents commerciaux. Pour mener son plan de développement, le Choletais prend le contre-pied du modèle Pindière (forte capacité de production en France, identité faible) pour s'appuyer sur des faiseurs asiatiques et développer une marque forte en prenant en charge le design, jusque-là géré depuis l'Italie. Et pour assurer la visibilité de ses produits, l'entrepreneur noue un partenariat judicieux avec le club de football duMans, qui tire alors - contre toute attente - son épingle du jeu lors des joutes de Ligue 1.




Pas de fatalité

La machine est en marche: le CA gonfle et le territoire de François-Xavier Chupin s'étend. À la fin 2008 il reprend la licence de Kappa pour l'Espagne et le Portugal, et crée la société Kappa Sport Iberia, qui concentre dix personnes à Madrid. Et en ce début d'année, il rachète Kappa Suisse puis s'offre une diversification en reprenant la licence pour sept pays européens de la marque de surfwear australienne Insight, qui emploie douze personnes à Biarritz. Aujourd'hui équipementier duMans, du FC Nantes («un partenariat affectif»), du FC Metz et du club espagnol du FC Valence dans le football, François-Xavier Chupin fournit aussi le club de rugby de Brive et l'équipe cycliste de la Française des Jeux. Et il affiche son ambition de constituer un portefeuille d'envergure européenne de marques de sportswear, avec en tête un objectif de 60M€ de CA à l'horizon 2010. «L'échec n'est pas une fatalité», aime à répéter ce chef d'entreprise. Il est vrai que son parcours semble lui donner aujourd'hui raison.

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