Maine-et-Loire

Industrie

Interview Coronavirus - Eric Grelier (CCI 49) : « La reprise de l’activité devra se faire à deux niveaux »

Par Olivier Hamard, le 01 avril 2020

Eric Grelier, le président de la CCI de Maine-et-Loire, était mardi 31 mars aux côtés d’Emmanuel Macron, lors de sa visite de l’usine du fabricant de masques Kolmi-Hopen, à Saint-Barthélemy-d’Anjou. S’il adhère à la volonté du président de la République d’une souveraineté française et européenne pour des productions stratégiques, il estime que celle-ci dépendra, entre autres, de la possibilité qu’auront les entreprises d’être plus compétitives.

Eric Grelier, président de la CCI de Maine-et-Loire: "Nous organisons à la CCI toute l’année beaucoup de choses pour accompagner le développement à l’international."
Pour Eic Grelier, la relocalisation de productions stratégiques dépend de la compétitivité des entreprises et de l'acceptation d'acheter au bon prix sur les marchés. — Photo : CCI Maine-et-Loire

Le Journal des Entreprises : Comment accueillez-vous la volonté du Chef de l’État de parvenir à une souveraineté des productions stratégiques ?

Eric Grelier : C’est évidemment une bonne chose. Mais l’on revient à l’éternel sujet de la compétitivité de nos entreprises. Pour que l’on puisse réellement relocaliser, il faut, en amont, que nous puissions être encore plus compétitifs en termes de production. Pour cela, se pose entre autres la question de la « flexisécurité ». Par ailleurs, il faut, en aval, accepter de payer le plein tarif, y compris concernant les marchés d’État, sans aller nécessairement vers le moins-disant. Mais on ne pourra pas tout relocaliser. Il faudra choisir avec intelligence des filières plus faciles à mettre en place et inscrire ce processus dans un temps donné. Il faudra aussi veiller à éviter l’effet de balancier : on ne peut pas passer d’un modèle global à un mode étriqué. Il faut donc trouver un équilibre entre ce qui, dans tous les cas, sera produit ailleurs, et ce que l’on produira ici.

Quel rôle peuvent avoir les CCI dans cette relocalisation ?

Eric Grelier : Les CCI ne sont constituées que de chefs d’entreprise et elles sont pleinement imprégnées de la vie économique de leurs territoires. L’agilité et la capacité d’adaptation, nous en faisons preuve tous les jours, individuellement en tant que dirigeants et collectivement dans les CCI. Lorsqu’on est dirigeant, lorsque l’on gagne des marchés, lorsqu’on en perd, on s’adapte. On est un peu comme des marins : on réduit la voilure, on l’élargit, on change de cap. On sait déjà qu’après cette crise, la vie ne sera plus comme avant. Et là aussi, nous nous adapterons.

Comment appréhendez-vous les semaines et mois à venir ?

Eric Grelier : Le mois qui vient va être difficile, avec probablement une certaine anxiété qui va grandir chez les dirigeants. À la sortie de crise, la reprise de l’activité devra se faire à deux niveaux. Il faudra un grand plan européen pour relancer à cette échelle la machine économique. Il faudra aussi travailler sur des dispositifs pour les TPE-PME avec les départements, les régions et les EPCI, pour permettre plus localement le redémarrage de l’activité sur les territoires.

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