Rennes

Ressources humaines

RegionsJob devient HelloWork pour conquérir l’Europe

Par Pierre Gicquel, le 13 septembre 2018

Le groupe rennais RegionsJob, numéro deux en France des offres d'emploi et du recrutement en ligne, a changé de nom pour affirmer de nouvelles ambitions européennes. Pour y parvenir, celui que l'on appelle désormais HelloWork met sur la table un plan d'investissement de 30 millions d'euros.

De gauche à droite : Jérôme Armbruster, président de HelloWork, François Leverger, directeur général et David Beaurepaire, directeur général aux relations extérieures et à la stratégie. — Photo : HelloWork

Elle a fêté ses dix-huit ans en mars. L'âge de la maturité pour RegionsJob, groupe rennais qui a réussi à s'imposer comme le numéro deux français de l’emploi, du recrutement et des carrières en ligne suite à une diversification importante de ses activités et quelques acquisitions judicieuses.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 11 millions de mises en relation candidats-recruteurs auprès de 10 000 entreprises en 2017 et 3,4 millions de visiteurs uniques par mois, selon les données de Médiametrie/NetRatings de janvier 2018. Forte de 250 collaborateurs et présentant un chiffre d’affaires de 33 M€ en 2017, la filiale du Groupe Le Télégramme vient d’opérer un changement de braquet et annonce des ambitions désormais européennes. La PME fondée par Jérôme Armbruster devenue ETI, logée au coeur du prestigieux New Mabilay, vient donc d’opérer des changements importants.

Bye bye RegionsJob, bonjour HelloWork

À commencer par le choix d’un nouveau nom pour regrouper l’ensemble des activités : RegionsJob laisse donc la place à HelloWork. « Notre activité historique n’a pas changé, il s’agit toujours d’aider les actifs à trouver un métier et les nouveaux venus à bien appréhender le monde du travail, tout en aidant les entreprises à trouver le bon profil, rassure toutefois François Leverger, entré comme directeur commercial chez RegionsJob en 2011, promu directeur général adjoint en 2015 et désormais directeur général de HelloWork. Mais notre métier a évolué. Nous étions des médias qui s’adressaient à la masse, nous sommes aujourd’hui des sociétés technologiques qui s’adressent à chaque candidat individuellement. Et nous œuvrons sur un panel d’activités beaucoup plus vaste qu’à nos débuts. »

Si ce changement était dans les esprits de la direction depuis deux ans déjà, ils ont fini par trancher : « Quitter une marque très forte est difficile mais c’est seulement la société qui change de nom pour quelque chose qui reflète l’idée positive que nous nous faisons de l’emploi et ce, de manière compréhensible à l’international. Il s’agit aussi de mieux représenter nos nouvelles activités et nos ambitions futures… »

Une constellation de plateformes web

Car RegionsJob (puisque le nom de la marque demeure) c'est en fait une myriade de plateformes web plus ou moins spécialisées, avec des déclinaisons géographiques (comme le fer de lance ParisJob.com), Cadreo.com ou encore un actionnariat de référence dans Aladom, spécialisé dans le recrutement pour les services à la personne.

Sa diversification s’est aussi tournée vers la formation professionnelle, avec MaFormation.fr et Bdmjob.com, ce dernier site étant porté vers les métiers du numérique. Sans compter l’édition de logiciels ou encore l’acquisition récente de la pépite bordelaise Jobijoba, spécialiste de la collecte de données appliquée au recrutement.

Se placer en challenger européen d’ici trois ans

Les ambitions de HelloWork, le numéro deux du groupe ne les cache pas. Tout d’abord, « devenir l’acteur incontournable en France dans les trois prochaines années », en continuant de développer l’activité historique de l’entreprise (qui porte toujours 20 % de la croissance du groupe) et en se dirigeant entre autres vers de nouveaux domaines comme les travailleurs indépendants ou encore la formation initiale. Ensuite, devenir un « challenger européen » mais cette fois, sans préciser de cibles où s’implanter, même si les pays limitrophes - Angleterre, Allemagne, Espagne et Suisse - sont plébiscités.

Pour y arriver, HelloWork va devoir investir. Un plan de 30 millions d’euros a donc été mis sur la table. « Il vient en complément de ce que nous investissons normalement. Dans ces 30 millions, la moitié provient des fonds propres de l’entreprise, qui a su être rentable dès ses débuts », s’enorgueillit François Leverger. L’autre moitié provenant du groupe Le Télégramme. Cet argent servira notamment à financer des opérations de croissance externe, mais sans se précipiter : « Nous ne nous attaquerons pas à des poids lourds d’un marché. Cela a toujours été dans notre stratégie d’aller vers des entreprises à faire grandir. Cela pourrait aller vers cinq à dix acquisitions », précise le directeur général.

Grandir ne suffira pas, il faudra aussi trouver les services les mieux adaptés à un marché de l’emploi en perpétuelle évolution. David Beaurepaire, directeur général aux relations extérieures et à la stratégie de HelloWork ouvre des pistes : « Nous réfléchissons à des moyens qui aideront à développer l’employabilité d’un candidat, par une forme de coaching permanent sur toute une carrière. Ou encore de mieux flécher les formations sur les bons territoires ». Vaste chantier !

De gauche à droite : Jérôme Armbruster, président de HelloWork, François Leverger, directeur général et David Beaurepaire, directeur général aux relations extérieures et à la stratégie. — Photo : HelloWork

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