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La filière cosmétique s’organise pour rayonner davantage

Par Élodie Soury-Lavergne, le 04 décembre 2023

Filière de poids dans les Hauts-de-France, la cosmétique valorise peu son savoir-faire. Afin d’inverser la donne, le pôle de compétitivité Cosmetic Valley a ouvert fin novembre un tour de France des régions, dont les Hauts-de-France étaient la première étape. L’objectif : rayonner pour recruter, trouver des fournisseurs ou encore maintenir les positions à l’international.

Cosmetic Valley a ouvert fin novembre son tour de France des Régions dans les Hauts-de-France, qui sont la première région exportatrice de produits cosmétiques.
Cosmetic Valley a ouvert fin novembre son tour de France des Régions dans les Hauts-de-France, qui sont la première région exportatrice de produits cosmétiques. — Photo : Sébastien Colle

Les Hauts-de-France sont la première région exportatrice de produits cosmétiques (soin, hygiène, maquillage, parfum) en France. C’est pourtant un secteur industriel "dont on ne parle pas tant que ça", souligne Soline Godet, directrice générale adjointe du pôle de compétitivité Cosmetic Valley, basé à Chartres (Centre-Val de Loire). Si les marques leaders présentes en région sont connues, les autres acteurs de la filière, surtout des TPE et PME, opèrent dans l’ombre. Pour y remédier, le pôle de compétitivité Cosmetic Valley a entamé un tour de France des Régions, qui s’est ouvert fin novembre en Hauts-de-France. Il s’agit de décloisonner les différents acteurs à travers des rencontres régionales, en vue d’échanger sur les enjeux, renforcer les liens et le rayonnement.

Un savoir-faire à faire savoir

Toutes les entreprises concernées ne communiquent pas sous cette bannière cosmétique, elles auraient pourtant à y gagner, à en croire le pôle de compétitivité. En particulier parce que cette filière, qui a résisté aux vagues de délocalisation, peut s’appuyer sur un "made in France" qui a le vent en poupe. La filière a d’autant plus intérêt à travailler son image que ses acteurs sont freinés dans leur développement par des difficultés de recrutement.

L’objectif est aussi de renforcer les liens entre les différents acteurs : "certains vont chercher des fournisseurs ou des sous-traitants dans d’autres pays, alors qu’ils en ont à quelques dizaines de kilomètres de leur site, souligne le président de Cosmetic Valley, Marc-Antoine Jamet. Ils ignorent également que l’université d’Artois est membre de Cosmetic Valley, avec une vraie force de recherche, notamment sur la chimie du végétal". Par ailleurs, le pôle de compétitivité compte attirer l’attention des collectivités locales : "D’une part, le secteur a peu de liens avec la commande publique. D’autre part, il fait face à la montée en puissance de pays concurrents comme la Corée du Sud, avec une politique de financements publics/privés bien alignés".

Une filière forte en région

À l’ère des gigafactories de batteries électriques ou des projets d’EPR2, ce n’est pas l’industrie cosmétique qui occupe le devant de la scène dans les Hauts-de-France. La région a pourtant exporté en 2022 quelque 6,4 milliards d’euros de produits cosmétiques. Elle compte 338 établissements, dont 64 sites industriels et 174 commerces. Ainsi que plusieurs sites de grandes marques : quatre pour L’Oréal, deux pour Chanel ainsi que LVMH, un pour Colgate/Palmolive et un également pour Unilever. L’ensemble emploie 16 790 personnes, dont 47 % chez les fournisseurs et sous-traitants, 26,5 % chez les marques, et enfin 26,4 % en commerce.

En région, la filière a réalisé un chiffre d’affaires de 6,5 milliards d’euros en 2022, dont 51 % faits par les usines des marques, 27 % par les fournisseurs et sous-traitants et 22 % par le commerce.

L’une des particularités des Hauts-de-France, c’est qu’elle est la seule région à compter l’ensemble des acteurs de la filière sur son territoire, depuis les fabricants de produits finis, jusqu’aux commerçants, en passant par les fournisseurs de matières premières comme Roquette, les verriers, les plasturgistes, les start-up, des universités, etc. "On considère qu’une entreprise fait partie de la filière dès qu’elle réalise plus de 20 % de son chiffre d’affaires avec la cosmétique", souligne le président de Cosmetic Valley.

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