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Dans le rouge, les artisans du BTP misent sur la rénovation pour 2024

Par Julie Dumez, le 17 janvier 2024

Président de la Capeb représentant 61 000 entreprises artisanales du bâtiment, Jean-Christophe Repon a dévoilé les derniers chiffres du secteur tout en dressant des hypothèses pour 2024. Si ce secteur a une carte à jouer dans l’entretien-rénovation, l’activité neuve s’annonce toujours à la baisse.

Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, anticipe une baisse de 2 % de l’activité des entreprises artisanales du bâtiment en 2024.
Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, anticipe une baisse de 2 % de l’activité des entreprises artisanales du bâtiment en 2024. — Photo : Frédéric VIELCANET - Prévention BTP

Passée l’euphorie post-crise Covid de 2021 et ses 12,5 % de croissance d’activité, les entreprises artisanales de bâtiment concluent une année 2023 en léger repli. "Avec -0,6 %, l'année se termine en retrait par rapport à 2022 et ses 2,4 %", indique Jean-Christophe Repon. Pour le président de la Capeb, "le secteur est plombé par la crise de la construction neuve avec un recul à -4,5 % au quatrième trimestre 2023 par rapport au quatrième trimestre 2022, mais bien moins que les entreprises de plus grande taille". Il l’est aussi par l’inflation et par un accès entaché au crédit pour les ménages afin de mener à bien des travaux. De ce fait, l’activité entretien-amélioration stagne, bien qu’encore soutenue par les travaux de performance énergétique (+1,5 % en volume).

L’ensemble des régions impactées

Dans le détail de l’activité en régions, aucune d’elles n’est épargnée avec une moyenne nationale en recul de 1,5 %. Les Hauts-de-France sont les plus touchés (-3,5 %), suivis par le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté, toutes deux à -3 %. La baisse de l’activité est plus limitée (-0,5 %) en Paca et en Île-de-France.

La traduction au sein des effectifs salariés s’est déjà concrétisée avec une baisse de 1,6 % des emplois salariés recensés au troisième trimestre 2023. Interrogés, les chefs d’entreprises artisanales envisagent même pour 8 % des licenciements ou des non-renouvellements de contrats pour 2024, marquant une grande prudence.

De même, les défaillances s’établissent en hausse de 26 % au troisième trimestre 2023 par rapport au troisième trimestre 2022.

Cap sur la rénovation et la performance énergétique

Mais pour cette nouvelle année, Jean-Christophe Repon souhaite capitaliser sur la typologie de ses 61 000 adhérents pour enclencher les défis de la performance énergétique : "2024 sera l’année de la TPE solution", veut-il croire.

Puisqu’aucunes éclaircies ne s’annoncent sur le front de la construction neuve avec des autorisations et des mises en chantier mal orientées (cumulées sur 12 mois, à novembre 2023, elles reculent respectivement de 26 et 20 %), il compte sur le secteur de l’entretien-amélioration "en relative résistance" au dernier trimestre 2023. S’il se veut optimiste face aux 6 milliards d’euros promis par le gouvernement pour des travaux de performances énergétiques dans le cadre de Ma Prime Rénov', il reste vigilant face à quelques signaux défavorables. Comme "le recul de 20 % des ventes de logements anciens" promis à des travaux de rénovation, ou encore les nouvelles modalités d’attribution de Ma Prime Rénov' vers des rénovations globales.

Baisse de 2 % de l’activité du bâtiment envisagée en 2024

Ces dernières sont "trop complexes à mettre en œuvre pour les ménages et pour les entreprises. C’est la réalité du marché alors que nous portons des solutions qui ne coûtent rien. Comme celle de permettre aux artisans de s’allier au sein de groupements momentanés d’entreprises (GME) pour mener à bien ces rénovations globales, proposition pour laquelle il n’y a toujours pas eu d’arbitrage", déplore le président des artisans. De quoi craindre que les nouvelles modalités de Ma Prime Rénov' aient des effets contre-productifs. "Mais qu’on ne vienne pas nous dire que c’est de la faute des artisans", prévient agacé Jean-Christophe Repon. Sans mesures fortes en faveur du bâtiment, les hypothèses pour 2024 n’appellent pas à l’optimisme. "La poursuite de la baisse d’activité dans ce contexte dégradé s’établirait à 2 %", conclut-il.

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