Tour de France : Collectivités et patrons soignent leur image

Par Bénédicte Hascoët et Julien Uguet, le 03 juin 2011

La venue du Tour de France suscite un certain engouement dans le monde économique, notamment l'hôtellerie et la restauration. Les entreprises et les collectivités, qui financent l'événement, y voient, elles, un moyen de réaliser des relations publiques sans commune mesure.
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Ah ce bon vieux Tour de France! Véritable institution française, la grande boucle revient en 2011 sur les routes des Côtes-d'Armor. Les 5, 6 et 7juillet prochain, le département sera sous les feux des caméras pour trois jours de fêtes. «C'est un coup de projecteur unique qui vaut toutes les campagnes de com'», justifie Claudy Lebreton, président du conseil général, cheville ouvrière de l'impressionnant dispositif technique et financier mis en oeuvre début juillet.




620.000euros pour trois jours

Car accueillir une grande machine comme le Tour de France n'est pas une mince affaire. Entre l'organisation, les coureurs, la caravane ou le personnel de sécurité, c'est près de 4.500 personnes chaque jour sur les routes pour près de 2.400 véhicules. Et tout cela a un coût en terme d'aménagement des sites, de tickets d'entrée exigés par ASO, l'organisateur de la course ou bien encore les frais de communication pour promouvoir l'événement. Pour les trois jours de course passés sur les routes de l'Armor et de l'Argoat, l'enveloppe consacrée par les collectivités concernées atteint près de 620.000euros.




Axe de communication

Dans le détail, le conseil général investit 320.000euros (110.000euros de redevances pour l'accueil à Mûr-de-Bretagne et à Fréhel, 110.000euros au niveau technique et près de 100.000euros au niveau communication). À cela s'ajoute un soutien financier de la Région Bretagne de l'ordre de 200.000euros, pour l'étape de Mûr-de-Bretagne, et 100.000euros déboursés par Dinan pour le départ du 7juillet. «C'est un budget conséquent mais le jeu en vaut la chandelle, précise René Benoît, maire de la Cité des Ducs. Déjà en 1995, le départ que nous avions organisé avait suscité une grande ferveur. C'est un axe de communication pertinent dans une ville touristique comme la nôtre.»




Difficile de chiffrer

Au-delà de l'image, les collectivités locales mettent en avant les retombées économiques induites par la venue du Tour. Difficile toutefois d'en mesurer le véritable impact. «C'est un élément impossible à chiffrer, poursuit René Benoît. Sauf pour l'industrie hôtelière et les restaurateurs.» Un argument confirmé par Didier Simon, directeur de l'office de tourisme de la baie de Saint-Brieuc. «Lors du passage du Tour en 2008, nous avons enregistré un taux d'occupation hôtelier de 70%, soit trois points de plus qu'une année classique. C'est exceptionnel quand on sait que le coût d'une nuitée par personne oscille entre 35 et 70euros.» Même son de cloche du côté de l'OT Dinan Pays de Rance. «Dans une période plutôt calme comme le début du mois de juillet, c'est une véritable aubaine», précise le directeur Dominique Le Thérisien. Pour le reste du monde économique, l'intérêt du Tour se trouve davantage au niveau des relations publiques qu'ils peuvent y réaliser en présentant leurs produits ou leur savoir-faire. Dans cette logique, la communauté de communes de Dinan va installer un village d'entreprises en bordure des structures officielles. Un sillon que le conseil général n'a pas souhaité creuser en 2011. Après pourtant des initiatives de ce type lors du Tour 2008 ou des championnats de France de cyclisme en 2009. «Nous misons cette année sur un espace territoire durable grand public installé pendant cinq jours aux Sables-d'Or, confirme Gil Pellan, directeur de la communication. L'idée est de mettre en avant les initiatives des collectivités et des entreprises. L'espace comprend un pôle économie avec la présence de Batipôle, de la chambre de commerce, d'entreprises oeuvrant dans le développement durable, etc.» Côté RP pure, la CCI 22 réfléchit à l'installation d'un village VIP le jour de l'arrivée à Fréhel. Un projet, présenté par Marc Moroux de la société 2m-Event, organisatrice notamment du tournoi de tennis de Saint-Malo, est à l'étude. Le hic en ces temps d'optimisation budgétaire: dégager un budget d'au minimum 30.000euros pour un accueil et des animations premiums.

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