Aucune place à la crèche. Consultant formateur en informatique, Jean-Pierre Villatte doit donc garder sa fille Zoé à la maison. On est à l'été 2008. Pour passer le temps et s'amuser, ce Nantais dont l'accent chantant trahit des origines toulousaines ouvre un site internet de vente de gadgets, qu'il nomme Zoestore. Rien de vraiment très sérieux pour ce quadra sans réelle connaissance du web... Mais, contre toute attente, quelques mois après l'ouverture, un de ses porte-couteaux de cuisine fait un tabac. Il en écoule un millier d'exemplaires. De quoi pousser Jean-Pierre Villatte à s'intéresser véritablement à la distribution de gadgets en ligne. Après une étude de marché, il sent le bon coup. «C'est un marché familial, peu structuré et constitué de TPE. J'ai voulu faire quelque chose de différent en me développant rapidement. C'est pour cela que j'ai opté pour la création d'une SAS», indique le dirigeant.
Vite se structurer
Cette volonté de grossir vite se traduit par une levée de fonds de 100.000€ opéré à l'été 2011 auprès des business angels nantais d'Ouest Angels, par le recrutement de cinq collaborateurs ainsi que par le recours à un logisticien (Orium), à une webagency (Vigicorp) et à un gestionnaire de flux (Lengow). Sur le plan opérationnel, cet entrepreneur au parcours atypique joue le pragmatisme. Au niveau du sourcing, l'homme mise à fond sur la carte de l'objet farfelu. «Plus cela l'est, plus cela m'intéresse», s'amuse-t-il. Papier de toilette lumineux, costume de sumo gonflable et les 500 autres gadgets du site sont choisis «tout au feeling». Mais sans grosse prise de risque sur le plan financier. «Je commence toujours par de petites commandes et je les augmente si cela fonctionne», explique l'entrepreneur.
Le pari des places de marché
Du pragmatisme, Jean-Pierre Villatte en fait encore preuve au niveau du canal de distribution. Il délaisse au départ le référencement naturel, qu'il juge trop long pour générer immédiatement du chiffre d'affaires. Pour amener les consommateurs sur son site, il préfère avoir recours à une poignée de liens commerciaux. Surtout, il va chercher les consommateurs là où ils sont, à savoir sur les places de marché (eBay, Amazon, etc.). «Cela représente encore aujourd'hui 40% de l'activité», indique t-il. La mayonnaise prend. Zoestore dégage 90.000€ de revenus en 2009, 180.000€ en 2010, Jean-Pierre Villatte tablant sur 400.000€ de chiffre d'affaires en 2011. De quoi conforter l'entrepreneur dans sa volonté de davantage structurer l'entreprise. Une nouvelle version du site vient d'être mise en ligne tandis qu'un travail sur le référencement naturel se met en place.
Débuts à l'international
Et Jean-Pierre Villatte de se lancer à l'international. Notamment en Allemagne où le nombre mensuel de colis écoulés est passé en quatre mois de 50 à 1.000. Aujourd'hui, 30% de l'activité est réalisée en dehors des frontières hexagonales. «Ce n'est qu'un début», prévient le chef d'entreprise. Opérant via les places de marché étrangères, il va mettre en place en 2012 des versions allemande, italienne et espagnole du site Zoestore. L'étape d'après, ce sera de vendre des produits sous sa propre marque. Une façon, pour cet anti-geek, d'afficher une folle ambition, celle de devenir le leader français du gadget. «Il n'y a pas de mastodonte sur ce marché. C'est donc le moment d'y aller et vite, car c'est le premier qui y sera qui aura la place», assure t-il. Pour soutenir son développement, notamment à l'international, le président de Zoestore envisage d'ouvrir une deuxième fois son capital. Vraisemblablement dès le premier semestre 2012.
Zoestore
(La Montagne) Président: Jean-Pierre Villatte 5 salariés 180.000€ de CA en 2010 www.zoestore.fr