Yara : Des investissements fertiles par millions
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Yara : Des investissements fertiles par millions

Chimie Produisant 550.000 tonnes d'engrais azotés pour les agriculteurs et coopératives agricoles du grand Sud-Ouest de la France, l'usine Yara de la presqu'île d'Ambès rénove son outil industriel à travers un investissement de plus de 40 millions d'euros.

A quelques pas de la Garonne, entre les sociétés EPG et SPBA, se dessine la silhouette de l'immense cuve d'ammoniac de l'industriel Yara. D'une capacité de 20.000 tonnes, elle abrite de l'ammoniac liquide, réceptionné par navires et stockés à -33°. Via un processus industriel complexe, cet ammoniac, remis sous forme gazeuse, brûlé à 900° pour alimenter l'usine en électricité, puis mélangé, devient acide nitrique, lui-même transformé en nitrate d'ammonium et enfin en granulés d'ammonitrate, soit ces capsules blanches servant de fertilisants aux agriculteurs notamment du secteur céréalier. Chaque mois, près de 550.000 tonnes de granulés sortent des ateliers au sein de cette usine, qui, considérée comme la plus récente du groupe Yara en Europe, investit annuellement 5 à 6 M?.




Une nouvelle cuved'ammoniac pour 2016

En 2014, cependant, un chantier d'envergure verra le jour. L'actuelle cuve d'ammoniac sera remplacée par une cuve cryogénique flambant neuve pour un investissement de 42 à 45 millions d'euros avec une mise en service prévue en 2016. « Dotée d'une capacité de 25.000t, cette cuve nous permettra de stocker davantage et de faire venir des navires plus importants, explique Patrice Bauvin, directeur de l'usine d'Ambès. En étant plus conforme aux nouvelles normes, ce bac sera inspecté, non pas tous les 10 ans comme l'actuel, mais tous les 30 ans ». La précédente inspection de la cuve en 2009-2010 avait de fait conduit l'usine à un arrêt de sa production durant 5 mois et demi. « Pour être un fournisseur fiable, on ne peut se permettre une rupture d'activité aussi longue », ajoute le directeur de Yara-Ambès.




Un poste de big-bagautomatique

En parallèle, 700.000? seront investis pour la mise en place d'un poste de big-bag automatique à 100t/h. En effet, depuis 20 ans, la demande d'engrais azotés conditionnés ne cesse de croître tant par un souci de traçabilité et de conservation des produits que de sécurité. Alors que le big-bag ne représentait que 20 % des ventes au début des années 90, il correspond désormais à 80 % des 550.000 tonnes d'engrais vendus annuellement par l'usine d'Ambès. Une évolution qui a conduit Yara à embaucher une quinzaine de salariés ces dernières années et à modifier également ses circuits logistiques d'export. « Il y a 20 ans, 40 % de la production était expédiée en vrac par train, contre seulement 10 % aujourd'hui ». À l'import, Yara réceptionne aujourd'hui 320.000t par an d'ammoniac importé par navires d'Ukraine, d'Afrique du Nord ou des usines Yara d'Europe du nord. « Ce volume a augmenté, depuis 5 ans, de 70.000 tonnes par an, mais essentiellement afin d'alimenter l'usine Yara de Pardies (64) depuis la fermeture de Celanese ».




Des inquiétudes sur le marché

Bien que filiale de Yara International, troisième entreprise norvégienne par son chiffre d'affaires (elle possède 15 unités en Europe dont 4 en France), l'usine d'Ambès, n'en a pas moins subi ces dernières années des fluctuations de marché importantes. En 20 ans, la consommation d'engrais, en raison d'un usage plus maîtrisé par les agriculteurs, a été divisée par deux, nécessitant un rééquilibrage entre l'offre et la demande. « Nous devons aussi, depuis la crise de 2009, faire face à une hausse du prix de l'ammoniac alors que le prix de l'urée, matière concurrente, baisse. Et sans compter dernièrement, une déstabilisation du marché par des traders internationaux », s'inquiète Patrice Bauvin.

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(Ambès)Directeur : Patrice BauvinCA : 30 % du CA de Yara France (10,6 milliards d'euros pour Yara International)100 salariéswww.yara.fr

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