«Nous sommes un OCNI, c'est-à-dire un Objet clustérisant non identifiépar les pouvoirs publics et notre environnement institutionnel», lâche non sans humour Jean-Yves Delaune. Pourtant, le directeur général délégué du cluster West prend ce problème de manque de reconnaissance très au sérieux: «Il y a en France une culture d'État et des collectivités très ?top down?. Mais, il ne faut pas délaisser la richesse vive du pays. Le problème, c'est que ceux qui font aujourd'hui à côté du cadre imposé n'existent pas», appuie Jean-Yves Delaune. Conséquences: le cluster fonctionne en autofinancement, sans un denier public. Pas de quoi pourtant entraver sa marche en avant: le budget 2009 (480.000€) double par rapport à 2008. Il est généré pour trois quarts par les 170 entreprises et organismes membres, le solde provenant de prestations de services. De quoi permettre au cluster d'étoffer son équipe d'animation, aujourd'hui constituée de cinq personnes. Une soixantaine de projets, portant sur de l'innovation dans le domaine de l'agroalimentaire, sont sur les rails: émergence d'une nouvelle filière autour de la méthanisation rurale, création d'un réseau de fermes expérimentales testant de nouveaux modes culturaux, etc. «La pertinence de West, c'est de faire se rencontrer les différents acteurs et de les accompagner dans la mise en place de projets coopératifs. L'objectif étant de créer de valeur ajoutée à court terme», résume Jean-Yves Delaune.
Intérêt général?
Celui-ci est aujourd'hui déterminé à obtenir la reconnaissance des pouvoirs publics. «J'irai jusqu'au bout. La Diact (délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires, NDLR) a admis que nous puissions être reconnus d'intérêt général. Elle pourrait soutenir les clusters à hauteur de 100.000€ maximum, avec une contractualisation tous les ans», révèle Jean-Yves Delaune, qui a participé, avec d'autres représentants de la centaine de clusters français, à plusieurs réunions de travail avec la Diact. Reste à faire en sorte que cette promesse devienne réalité. Chose que Jean-Yves Delaune espère voir se réaliser prochainement.
Tél.: 02.40.73.08.86.
Le Nantais Jean-Yves Delaune plaide pour une reconnaissance des clusters, dont West qu'il dirige, par les pouvoirs publics.