Web nantais : Qui veut lever des millions?
# Services

Web nantais : Qui veut lever des millions?

Internet Au jeu des levées de fonds, les start-up internet nantaises ont brillé cet été. Six d'entre elles ont en effet collecté 4,27M€. Une reconnaissance pour ces jeunes entrepreneurs dont les business model commencent à convaincre les investisseurs.

L'été n'a pas été maussade pour tout le monde, et notamment pour certaines entreprises du web nantais. En l'espace de deux mois, six d'entre elles ont levé la bagatelle de 4,27M€ auprès de business angels, de fonds d'amorçage ou de capitaux-risqueurs. La palme revient à Avenue des Jeux qui vient de lever 1,7M€ auprès de CM CIC et de SG Capital Partenaires pour une opération de recapitalisation. Dans le sillage de l'e-commerçant de Vieillevigne, qui fait figure de grand frère tant pour son âge que pour sa taille, Lengow (1,2M€), Réviser sa voiture.com (800.000 €), Doyoubuzz (310.00€), Playcorp (160.000 €) et Zoestore (100.000 €) ont, elles aussi, bouclé un premier ou un second tour de table. Ces levées de fonds viennent en particulier soutenir la structuration de ces jeunes entreprises mais surtout leurs velléités de développement, notamment à l'international. Dans le web, «tout va très vite, notre principal ennemi, c'est le temps. Du coup, il nous faut aller chercher des fonds à l'extérieur», explique Ludovic Simon, P-dg de Doyoubuzz. D'autres acteurs nantais comme GirodMedical, iAdvize, Human Connect ou Be my Boat devraient, eux aussi, annoncer, à court ou moyen terme, de nouveaux tours de table.




La poule aux oeufs d'or?

Suffirait-il d'un embryon de projet web pour décrocher des millions, comme au début des années 2000 où les start-up ramassaient des lingots d'or à la pelle? Cette époque est révolue, assure Adrien Pogetti, délégué général d'Atlantic 2.0, l'association qui fédère les acteurs du web et du numérique: «Ce sont les entreprises déjà rentables ou qui ont éprouvé leur business model qui trouvent des fonds. Mais derrière elles, il y en a beaucoup d'autres, plus petites et plus jeunes, qui rament pour se financer. Soit parce que leur modèle économique reste flou, soit par frilosité des investisseurs. Le jour où la filière web nantaise sortira un champion valorisé 30 ou 40M€, l'image des start-up et des entreprises du numérique changeraaux yeux des banques, des fonds régionaux et des réseaux de business angels». Les business angels locaux scrutent toutefois de plus en plus attentivement ces start-up nantaises, comme en témoignent les récents investissements d'Ouest Angels dans Zoestore ou d'Abab pour DoyouBuzz. Pour de petits tickets, les entreprises du web nantais commencent ainsi à trouver des sources de financement. La problématique survient davantage à un certain niveau de développement. «Pour des tickets compris entre 300.000 et 800.000 €, les entreprises trouvent difficilement des financements au niveau régional et doivent se tourner vers les fonds parisiens spécialisés, souvent détenus par d'anciens entrepreneurs du web», précise Adrien Pogetti. Si des fonds parisiens tels que Kima Ventures ou Alven Capital ont investi dans quelques-unes des plus belles pousses nantaises, c'est qu'effectivement ils parlent le même langage technologique et que leur circuit de décision sont plus courts. «Avant de nous tourner vers des fonds ou des business angels parisiens, nous avons frappé à la porte des régionaux, mais le circuit de décision était particulièrement long», souligne ainsi le créateur d'une start-up locale. Les lignes semblent cependant bouger. Pays de la Loire Développement et CM CIC (ex IPO) ont ainsi investi cet été dans le web, tandis qu'un organisme comme Réseau Entreprendre Atlantique s'organise pour répondre aux besoins des jeunes pousses innovantes ou que le conseil régional renforce son dispositif d'amorçage (lire page5). «Dans le web, les fondamentaux restent les mêmes que dans les autres secteurs d'activité. On analyse la personnalité du dirigeant, le marché et la pertinence du business model», indique Nathalie Leroux, chargé d'affaires pour Sodero Gestion. Il n'y aurait donc de la part des financeurs ni ostracisme, ni frénésie envers le web, juste un calcul économique.




«Bulle des egos»

Reste qu'une levée de fonds n'est pas une fin en soi. Co-fondateur de l'éditeur informatique nantais Lengow qui vient de lever 1,2M€, Mickaël Froger tempère ainsi les ardeurs de toutes ces jeunes start-up en quête de financement. «Pour certaines boîtes, on a l'impression que la finalité est devenue de lever des fonds. Attention à ne pas tomber dans la bulle des egos où celui qui lève le plus d'argent est le plus fort. Un tour de table, c'est uniquement un moyen pour se développer et cela peut-être le début des ennuis car on a alors des comptes à rendre. Mieux vaut commencer par du love money ou des fonds d'amorçage et aller voir les capitaux-risqueurs quand le projet d'entreprise a fait ses preuves».

# Services