Vincent Leygonie : Association de valeur(s)

Vincent Leygonie : Association de valeur(s)

Président de Réseau Entreprendre Midi-Pyrénées, dirigeant d'Annexx et d'Edificandi, gérant de Part'ners et impliqué de près ou de loin dans bien d'autres structures: la simple lecture de son CV ne suffit pas à cerner Vincent Leygonie, entrepreneur soucieux d'apporter de la valeur au collectif. Aline Gandy

Il avait pourtant prévenu que, pour lui, une heure ne suffirait pas à retracer son parcours. Que, pour la journaliste, le condenser en une page ne serait pas chose facile. Non pas qu'il aime à se raconter- il a d'ailleurs fallu maintes fois insister pour le persuader de se prêter à l'exercice! - mais plutôt parce que, malgré ses45 ans, Vincent Leygonie est immergé dans le monde de l'entreprise depuis vingt ans déjà et que l'entrepreneur qu'il est aujourd'hui n'a de sens qu'au regard de ses expériences passées. Toutes car, bonnes ou mauvaises, il semble n'en regretter aucune. Ce qui ne l'empêche pas de rester marqué par certains échecs, tels que celui de sa première entreprise, Sirius Automobiles. «J'avais 24ans quand je l'ai créée. Je me souviens encore de la réaction de M.Pioch, mon patron de l'époque, quand je lui ai annoncé queje me lançais dans la vente et la restauration de véhicules très haut de gamme. Six ou sept ans après, il m'en parlait encore!» Entre temps, Sirius Automobiles va faire long feu. «Avec la disparition d'Enzo Ferrari à la fin des années80, un marché de collectionneurs s'est organisé, avec toute la spéculation que cela implique quand on érige des voitures au rang d'oeuvres d'art... La guerre du Golfe et la crise économique y ont mis un terme, mais de petites activités ?futiles? telles que la mienne ont disparu du même coup...» Si, dans cette affaire, Vincent Leygonie ne perd pas d'argent, il en gardera, dit-il, «une profonde aversion pour la spéculation et la recherche du profit individuel à court terme.» Serait-ce là une clé de compréhension du personnage? Sans doute car, dès lors, il va se diriger vers l'association des compétences plutôt que l'entrepreneuriat solitaire.




Bonne idée, bon modèle

Fin 1994, après avoir repris une société en redressement judiciaire (Part'ners, qui importe des pièces détachées pour véhicules américains) et s'être essayé à la télématique vocale aux côtés de Jean-Claude Malet, il s'associe à Georges Guillaumot pour fonder Biosource qui, en cinq ans, se pose en leader régional des fontaines à eau. «Au départ, c'était surtout une bonne idée que nous avions eue avant tout le monde, analyse-t-il. Mais ce qui en a fait un tel succès, c'est le modèle ?location, maintenance et fourniture de consommables? que nous avons bâti autour.» Avec 40collaborateurs, des agences dans tout le Grand Sud-Ouest et près de 5.000clients, Biosource suscite logiquement la convoitise de grands groupes. En 2001, les deux associés se décident à céder leur affaire au groupe Eden (qui créera ensuite Château d'Eau avec Danone). «On s'est retrouvés plutôt riches et plutôt expérimentés», admet Vincent Leygonie.




Différents mais complémentaires

Il prend alors le temps de «se poser un peu», jusqu'à ce que Philippe Peyrot, son ami d'enfance qui vit aux États-Unis, lui parle du concept de self stockage. «Il m'a demandé ce que j'en pensais, j'ai étudié les fondamentaux avant de lui dire: ?Rentre, on fait!?» Ce qu'ils vont faire- avec Jean-Charles Latieule pour associé- s'appelle Annexx et est devenu le 4eacteur français de la location d'espaces de stockage sécurisés en libre accès. Très vite, de cette association est aussi née une deuxième structure- Edificandi (ex-Imindus) - qui livrera à l'été 2011 le Village des Marques de Nailloux. Qui a dit que travail et amitié ne faisaient pas bon ménage? «Nous sommes très différents mais notre complémentarité fait notre force, juge Philippe Peyrot. Vincent est plutôt le gestionnaire, le manager, Jean-Charles le technicien et moi la ?tête chercheuse ?, en amont des dossiers.» Et Jean-Charles Latieule d'ajouter: «Aucune décision n'est prise sans que l'on en discute ensemble. Ce qui nous caractérise aussi, c'est notre goût commun pour le défi. Tout ce que l'on fait, on s'efforce de le faire bien et toujours en y prenant du plaisir.» Un plaisir qui fait dire à Vincent Leygonie qu'à 45ans, il a aujourd'hui «trouvé chaussure à son pied». Même s'il a fallu pour cela plusieurs années d'essayage.