Vigisat : La surveillance des océans se renforce
# Industrie

Vigisat : La surveillance des océans se renforce

C'est à la pointe de la Bretagne que la première station de réception d'images satellites radar en temps réel a été installée. En tête de pont de ce projet, la société toulousaine CLS et sa division radar implantée à Brest depuis 2008.

Les pollueurs des mers et les pêcheurs illégaux n'ont qu'à bien se tenir. La surveillance des océans se renforce. La France, s'est dotée, en septembre, de la première station civile de réception directe d'images satellites radar. Elle se nomme Vigisat et a été installée dans un délai record de quatre mois à la pointe du Diable, sur le technopôle Brest-Iroise. Vigisat se présente sous la forme d'un cylindre blanc de 9 mètres de large. Il abrite une antenne de 5,4mètres de haut. Ce radôme capte les informations transmises par plusieurs satellites (ERS 2 et Envisat et des Canadiens Radarsat 1 et Radarsat). Il les envoie ensuite à un centre d'analyse implanté à proximité. Les applications possibles de cet outil innovant et unique en France sont variées. Vigisat peut surveiller les côtes, les pollutions sur les bassins versants bretons, le trafic marchand, la pêche, renforcer l'action de l'État en mer, recueillir des informations sur les champs de vent, la hauteur des vagues pour les installateurs d'éoliennes offshores... Les «scènes radar», autrement dit les images brutes captées, qui nécessitent une analyse, sont infiniment plus précises que les images optiques (Google Earth par exemple). En moins de dix minutes, et avec une précision de trois mètres maximum, on peut savoir de terre ce qui se passe au large en mer. Ainsi, depuis l'installation de Vigisat, au moins deux pollutions de navire, dont une à la sortie du Havre, ont pu être détectées.




« Convaincre l'État»

Le projet avait été initié, en 2003, par Vincent Kerbaol, fondateur de l'entreprise brestoise Boost Technologies, rachetée en 2008 par la Toulousaine CLS (cf. ci-dessous). Pour faire aboutir ce projet de longue haleine, il aura donc fallu le concours des collectivités locales et territoriales (Région, Département, BMO, Europe) et de CLS. Porté par l'école Télécom Bretagne dans le cadre du contrat de projet État-Région 2007-2013, le dossier de partenariat public-privé prévoit un financement de 3,5 M€ sur cinq ans, pour l'achat des scènes radars et leur mise à disposition des scientifiques bretons. «Cela représente un tiers environ du coût global du projet sur cinq ans(9 M€, ndlr)», explique André Chomette, directeur de Télécom Bretagne. Pour rentabiliser l'opération, CLS, qui espère un développement de son activité radar grâce à Vigisat, devra trouver 5 à 6 M€ de contrats sur cette période (cf. ci-dessous).




Création d'un groupement d'intérêt scientifique

Le choix d'un tel partenariat public-privé s'explique par le double intérêt scientifique et économique de Vigisat. D'un côté, il contribue à développer une entreprise et l'emploi sur place, de l'autre il positionne, au niveau européen, la recherche bretonne sur la surveillance des océans. Télécom Bretagne a ainsi créé un groupement d'intérêt scientifique (Bretagne Télédétection) réunissant des acteurs académiques bretons en télédétection spatiale. Il rassemble l'Université de Rennes, le laboratoire LOS de l'Ifremer, l'IUEM, l'Agrocampus, l'Isria et l'Inria. Nul doute que des synergies se mettront en place avec Climsat, centre mondial d'images satellites de l'ONU. Cette antenne dédiée à la lutte contre le changement climatique s'est implantée à Brest en 2009. Sa mission est de mettre des cartes satellites à la disposition des régions vulnérables aux changements climatiques.

# Industrie