Vers une nouvelle organisation du temps professionnel?
# Conjoncture

Vers une nouvelle organisation du temps professionnel?

Télétravail, nomadisme, travail en mobilité, coworking: l'entreprise, demain, pourrait-elle se passer d'une partie de ses mètres carrés de plancher ?

Depuis quatre à cinq ans, les centres urbains mais aussi quelques trop rares zones rurales voient apparaître des espaces partagés: cantines numériques, télé centres, openspaces collaboratifs, bureaux et salles de conférences à l'heure ou à la journée. Des sites comme eworky.com recensent ces lieux. Au départ, l'idée est de permettre aux travailleurs indépendants de ne pas rester isolés et de pouvoir trouver un espace de socialisation. Mais des entreprises favorisent aussi cette approche à la fois pour des raisons d'économie et de flexibilité, mais aussi pour dynamiser la créativité de leurs collaborateurs à travers les contacts et rencontres facilités dans de tels espaces.




L'étoile de mer et l'araignée

Directement liées à l'explosion des nouvelles technologies, ces nouvelles formes de travail remettent en cause les bonnes vieilles habitudes sur l'organisation pyramidale de l'entreprise, avec l'apparition de la notion de réseaux de compétences évoluant au gré des projets. L'auteur américain Ori Brafman a théorisé cette approche dans son livre "The Starfish and the Spider: The Unstoppable Power of Leaderless Organizations" (L'étoile de mer et l'araignée, l'irrésistible puissance des organisations non-hiérarchiques) qui a dès sa parution en 2006 connu un succès planétaire. Expliquant que si vous coupez une branche à une étoile de mer, elle repousse alors que l'araignée meurt si vous lui arrachez la tête, Brafman oppose les organisations "araignées" dotées d'une hiérarchie rigide aux entreprises et "étoiles de mer" basées sur la relation d'échange - qu'il qualifie de "révolutionnaires". Pour l'heure, en France, la question est de parvenir à un développement du télétravail sans pour autant couper le collaborateur de son entreprise. «Il faut rester vigilant sur la notion de lien social professionnel, souligne Olivier Brun, du cabinet Greenworking. «La plupart des entreprises qui pratiquent le télétravail le limitent à deux, voire trois jours par semaine. Il y aura toujours des réunions. Mais le lien social professionnel, souvent subi, peut être complété par un lien social de proximité.»

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