Du plancher du métro de New York au début des années 80, alors fait en bois, jusqu'aux tables, mobiliers et cloisons des TGV ou TER français, aujourd'hui en matériaux composites, SMTC a toujours filé sur de bons rails. En décembre, elle a même signé un contrat de dix millions d'euros pour réaliser des pièces de wagon pour Bombardier Royaume-Uni. La PME travaille aussi pour Alstom, Siemens, Hitachi ou la SNCF.
Sa spécialité ? La fabrication et transformation de panneaux sandwich. Comprendre : des plaques en nid-d'abeilles prises entre des tôles d'aluminium, puis agrémentées d'éclairages, d'éléments de décoration etc. Une expérience pointue. Mais pour prévenir un creux d'activité annoncé dans son secteur l'industriel de Boufféré souhaite aujourd'hui accélérer sa diversification. « Le marché des trains est mûr en France et en Europe. Il devrait connaître une baisse à partir de 2017, explique Christophe Jenny, directeur général de SMTC. Et quand il y a des besoins dans des régions, on est confronté à des problèmes de financement ».
L'aéronautique à horizon 2017
La part du ferroviaire est déjà passée de près de 100 % à 85 % de l'activité de SMTC en cinq ans. Et devrait encore reculer. Piste de diversification numéro 1 : l'aéronautique. Suivent les autres moyens de transport : autocars, véhicules utilitaires électriques et spécifiques (ambulances, camions de pompier...) ou la navale. Baptisé Dynatech, son plan de bataille aéronautique a débuté en 2013. Le calendrier ? « Si tout se passe bien, le premier produit sera commercialisé en 2017 », répond Christophe Jenny. SMTC envisage la création d'une unité consacrée à cette activité, sur 1.000 à 2.000 m² de nouveaux bâtiments, courant 2016. Attenant à son site de production, zone du Point du Jour à Boufféré, l'investissement devrait atteindre quatre à cinq millions d'euros.
Matériaux 20 % plus légers
Reste à passer l'étape de l'étude de faisabilité du process industriel, afin de valider de nouveaux produits spécialement conçus pour le transport aérien. « Pour pénétrer le marché de l'aéronautique, il faut raconter une nouvelle histoire », explique Christophe Jenny. À l'heure où les compagnies aériennes se battent pour réduire, gramme après gramme, le poids de leurs avions, SMTC veut vendre un panneau composite thermoplastique recyclable, « environ 20 % plus légers » que les matériaux aujourd'hui utilisés. Il pourrait servir à réaliser des cloisons de séparation ou des coffres à bagage, par exemple. En attendant, la PME progresse, avec 21 millions d'euros de chiffre d'affaires enregistrés en 2014, son meilleur score.
Embauches en 2015
Aujourd'hui, elle emploie 115 personnes en CDI, plus 40 intérimaires en moyenne, volant que l'entreprise cherche à réduire, afin de recruter une vingtaine de permanents sur 2015, en production (opérateurs de montage et finition) et au bureau d'études. « Un moyen de gagner en performance et en qualité de production, à l'heure où les marges se contractent, avec la concurrence de pays low-cost comme la Chine », indique son dirigeant.