C’est un projet de trois ans qui associe acteurs de l’insertion, entreprises et chercheurs. À l’initiative de Pôle emploi, ces partenaires veulent construire une filière industrielle de valorisation de l’ortie. « Tout s’utilise dans cette plante. Ses qualités sont les mêmes que celles du lin et du chanvre », souligne Eric Lemière, chargé d’innovation pour Pôle emploi. Car si les feuilles de l’ortie sont valorisables notamment dans la consommation animale, les applications autour de sa tige sont plus nombreuses. Ainsi, son bois peut être utilisé dans la confection de paillages, isolants ou litières. Sa fibre, si elle est filée, est exploitable par l’industrie textile. Elle intéresse également les chercheurs du Centre de transfert de technologie du Mans (CTTM), partenaire du programme. « Nous développons des matériaux composites éco-conçus ; des plastiques bio-sourcés auxquels la fibre d’ortie peut venir en renfort. Elle peut également se substituer à la fibre de verre, avec de meilleures qualités isolantes, tout en étant aussi résistante », explique Nadine Auriault, chargée d’affaires au CTTM.
Emplois peu qualifiés
Auto-financé par les partenaires, le projet associe également l’Association pour adultes et jeunes handicapés (Apajh) et la Scop Aldeclic d’Allonnes. « Il nous ont fourni la main d’œuvre pour la première récolte de 6 500 tiges. Avec le défibrage, ce sont les postes où nous allons créer de l’emploi. Des postes peu qualifiés, ouverts aux demandeurs d’emploi en insertion et aux handicapés », poursuit Eric Lemière. Si les volumes restent faibles, l’initiateur du projet compte sur la qualité du fil d’ortie pour des débouchés haut de gamme, vers le textile de luxe ou technique. « Avant cela, nous recherchons un partenaire industriel pour développer la filature. Une activité que l’on pourrait étendre au chanvre, au lin et à toutes fibres naturelles. »