La catastrophe au Japon. Je ressens une double impuissance. Malgré toute l'intelligence humaine, la nature s'avère être plus forte pour tout bouleverser. On ne contrôle plus rien, ce qui nous rend humble et modeste. Deuxièmement, les conséquences de ces événements interpellent. Je ne suis ni pour ni contre le nucléaire, mais plutôt pragmatique. On se rend compte qu'en cas de problème, le nucléaire n'est plus maîtrisé. Par contre, l'attitude du peuple japonais force le respect. Là où de nombreux habitants auraient paniqué, ils ont gardé leur sang-froid, gèrent la crise dans un esprit citoyen, au bénéfice du collectif. Une grande leçon de dignité humaine.
La réaction des gouvernements européens face aux incidents nucléaires.
Le rôle des leaders aux manettes de nos pays n'est pas facile. Il est humain que le débat local soit activé. Cela incite à encore plus de contrôle, de transparence, de sérieux mais aussi à prendre du recul. Une catastrophe comme celle qui se produit actuellement au Japon reste exceptionnelle. Le fait, par exemple, que l'Allemagne a décidé de geler ses investissements sur ses équipements nucléaires est déraisonnable et relève plus de la mesure populiste. Il est toujours mauvais de réagir à chaud.
La vision stratégique de la Chine.
Depuis 1997, je me rends six fois par an en Chine. EMLyon est partenaire d'un campus et 200 étudiants s'apprêtent à quitter Lyon pour Shanghai. Je suis étonné, sans pourtant être partisan du régime communiste, de la vision stratégique du gouvernement chinois. L'innovation et l'entrepreneuriat, les aménagements de l'espace rural et de l'espace urbain, la prise en compte de l'environnement sont au coeur de ses préoccupations. Ce qu'on entend ou lit en France sur ce pays est négatif: on porte des jugements de valeur, on considère les Chinois comme des prédateurs, on a peur... Pourtant, le pays est en train de passer du Made in China au Created by China. Les investissements chinois sont partout dans le monde. Il faudrait plutôt, pour les Européens, profiter de cet appel d'air et coopérer.
La vision court-termiste de la France.
Je suis furieux contre nous! Le peuple français ne veut plus avancer. On se bat pour des broutilles. À l'étranger, la France a toujours l'image d'un beau pays, de culture, de luxe, de design, de savoir-faire. Et en même temps, on râle, et on renvoie une image de grève et de chienlit. Ce qu'on donne à voir au monde n'engage pas à vouloir aller plus loin et à coopérer avec nous.
Directeur général EM Lyon Élu en février au board de l'Association to advance collegiate schools of business, entité américaine pour l'enseignement du management Parcours Né le 3 mai 1957 Diplômé de l'ESC Lyon (1981) Responsable grands comptes chez Unilever, Black & Decker, Seb. Professeur à l'EM Lyon (1985) puis responsable du développement et directeur de programme