Un mois vu par Jean-Michel Gliner
# Investissement

Un mois vu par Jean-Michel Gliner

Président fondateur Innovafonds (société de gestion de fonds à caractère industriels) Parcours Né en août1952 Diplômé Ensimag Crée le groupe Silicomp en 1983, le revend en 2008 Administrateur de la Banque populaire des Alpes et de INP SA entreprise

Banque publique d'investissement. «C'est une très bonne idée, mais très mal mise en oeuvre. On parle de montants et de structuration alors qu'il faut avant tout parler des besoins des entreprises. Et cette banque se fait sans les banquiers ni les industriels. Donc, copie à revoir! Il faut bien différencier une politique industrielle, qui revient à investir là où sont les électeurs, et une stratégie industrielle qui consiste à investir dans un secteur car il est vital, qu'il a un avenir. La stratégie industrielle est une obsession pour moi, et on n'a pas le droit de se tromper. Il ne faudrait par exemple pas refaire avec la BPI un Dexia ou un Crédit lyonnais... Dans le milieu financier, les modèles qui marchent sont ceux des banques de sociétaires. C'est du capitalisme propre: un euro investi, c'est un euro qui va à l'économie régionale. On sait ce qui est fait avec l'argent, c'est de l'épargne sûre. On peut facilement s'appuyer sur ce modèle-là pour une BPI ou d'autres outils de financement des entreprises. J'aime cette transparence et le fait que ce soit décorrélé des marchés financiers. Le jour où une industrie pourra aller en bourse sans craindre le risque d'une OPA ou d'une OPE, sans que ça lui coûte des centaines de milliers d'euros par an, que les investisseurs prendront des positions longues avec des mécanismes de stop win et de stop loss, on changera la figure du monde.»




Vote néerlandais.

«Le oui à l'Europe mi-septembre a été passé sous silence. C'est dommage, car en cette période chahutée, une nation réfléchie qui vote pour l'Europe, c'est réconfortant et ça met du baume au coeur.»




Fermeture de la centrale de Fessenheim.

«C'est un mauvais signal pour la compétitivité. Le nucléaire représente environ 70% de la production électrique de la France. Que dirait-on si le prix de l'électricité augmentait autant que le prix du pétrole, si la courbe de la facture électrique ressemblait à celle du plein automobile? C'est la goutte d'eau pour les entreprises... Nous avons un leadership, un avantage compétitif, gardons-le! Je ne dis pas qu'il ne faut pas chercher d'autres énergies. Mais il faudra suivre l'évolution des prix de l'électricité et du pétrole sur les prochains 20 ou 30 ans.»

# Investissement