Quand rien ne va, rien n'ira! Telle pourrait être la maxime détournée par les transporteurs routiers pour rendre compte de leur état d'esprit. Entre crise d'activité et fiscalisation croissante, la profession craint l'exercice à venir. «2010 sera peut-être même plus compliqué que 2009. La structure de flux doit repartir mais nous n'avons aucun indice ni aucune visibilité pour nous l'assurer», avance ainsi Richard Gazeau, président régional de TLF (Fédération des entreprises de transport et de logistique de France).
La fiscalité cristalliseles attentions
Dans l'Hexagone, on dénombre 37.000 entreprises (420.000 salariés) du transport représentant 427Md€ de CA. Sur ces dernières années, 2.500 sociétés auraient déposé le bilan selon le comité des transporteurs des Pays de la Loire (CTPL) qui réunit TFL et FNTR. La région justement. Elle semble moins touchée par les grosses défaillances. La baisse d'activité se situe généralement entre 10 et 15% pour les 1.500 entreprises du territoire (32.000 salariés). «Néanmoins, on a quand même des comptes touchés. Certains, notamment dans l'automobile, ont vu leurs marchés s'effondrer jusqu'à 50%. Le marché tombe et pourtant les prix se tendent. Or il n'y pas de justification technique à ce phénomène, sauf une question de volume. C'est inquiétant alors qu'une nouvelle fiscalité routière intervient en 2010», explique Richard Gazeau. Taxe carbone, autorisation de majoration de la TIPP, certificats éco-énergie, etc., cristallisent aujourd'hui toutes les attentions alors que se profile l'entrée en vigueur de l'éco-taxe avant fin 2011. L'an prochain, le prix du carburant pourrait augmenter de près de 10%, sans les variations du prix du baril... Le coût de revient devrait subir une inflation de 3 à 4%. «Les chargeurs ont pris l'habitude d'acheter moins cher. Mais nous sommes au bout du bout. La profession ne va pas avoir le choix de relever les prix.» Autre chantier de taillepour la profession: redorer l'image de marque du transport routier, devenu politiquement incorrect depuis le Grenelle de l'environnement. Pas le plus simple quand il s'agit de communication grand public.
Dans une France des transporteurs touchée de plein fouet par la crise, les Pays de la Loire s'en sortent, pour le moment, sans de grosses casses. La hausse de la fiscalité en 2010 pourrait-elle modifier cette conjoncture dans un an?