«Il faut arrêter avec le tout gratuit et le self-service». Dirigeant de l'agence nantaise Loom et membre fondateur de l'UCC Ouest (Union des conseils en communication), syndicat professionnel qui rassemble une quarantaine d'agences de conseils en communication représentant 1.500 emplois dans le grand Ouest, Thierry Quillier dénonce les abus observés lors des consultations d'agences. En cause, selon l'UCC, des phases de compétition mettant aux prises un trop grand nombre d'agences, des droits d'auteur souvent non-respectés et l'indemnisation des agences non retenues.
Le facteur crise
«Par peur de s'opposer aux annonceurs, nous, agences, avons tout accepté et contribué à générer ce système. Certes, il existe déjà des règles établies par les syndicats nationaux AACC et UDA, mais elles ne sont pas appliquées. Or cela devient vital», explique Manuel Cornet, président de l'UCC Ouest et directeur associés de Nouvelle Vague Open Sources. La crise qui touche aussi le secteur de la communication explique pour partie la montée au créneau de l'UCC, les agences ayant vu leur profitabilité passer de 10 à moins de 5% au cours des dernières années. «Auparavant, les annonceurs consultaient trois ou quatre agences. Maintenant, c'est six ou sept. Pour les collectivités, on peut même avoir 20 agences en compétition! Ce sont des appels d'offres irresponsables avec une inflation des exigences de la part des annonceurs», juge Manuel Cornet. «Une consultation, c'est 10 à 20/jours hommes, sans aucune contrepartie. C'est comme si vous alliez dans cinq boulangeries différentes pour goûter leur baguette, pour n'en payer qu'uneau final. Pas sûr que les boulangers soient d'accord», renchérit Thierry Quillier.
Indemniser la production
Face à ce constat, l'UCC Ouest a adopté une charte des bonnes pratiques en matière de consultation. Le syndicat professionnel demande que les consultations ne mettent désormais en compétition que quatre agences maximum et que leur identité soit connue des compétiteurs. L'autre point majeur de la charte prévoit une grille d'indemnisation pour les agences non retenues à l'issue de la consultation. Des indemnisations prévues par le législateur mais jusqu'à présent non respectées. Suivant le budget et la nature de la consultation, celles-ci pourraient varier de 500 à 2.500 €. L'UCC Ouest se donne six mois pour présenter et expliquer sa charte aux agences et aux annonceurs avant de l'appliquer à compter de mars prochain. Ses membres ne répondront alors plus aux consultations ne respectant pas les différents critères listés, prévient le syndicat. Reste maintenant à convaincre les annonceurs et surtout les agences non adhérentes, à appliquer ce code de conduite, alors que certaines d'entre elles doivent se battre dans un contexte difficile. Un pari loin d'être gagné. «Certaines agences n'ont pas joué le jeu jusqu'à présent. Maintenant, il faut arrêter d'être nos propres ennemis parce que les conséquences c'est pour l'emploi dans nos agences», indique Bénédicte Le Moal, vice-présidente de l'UCC et dirigeante de A l'encre Bleu (56). Comme un ultime rappel à l'ordre.
Communication L'UCC Ouest va mettre en oeuvre une charte des bonnes pratiques pour les consultations d'agences. Objectif: mettre fin à des situations jugées abusives.