La trésorerie est l'oxygène de l'entreprise. Si cette dernière ne dispose plus des ressources disponibles pour tenir ses engagements financiers (fournisseurs, salaires, dettes sociales et fiscales,etc), cet essoufflement entraîne des conséquences graves nommées cessation de paiement ou dépôt de bilan. En cette période de crise économique et financière, cet oxygène de l'entreprise s'est logiquement dégradé sous l'effet de la contraction des carnets de commandes et de la restriction de l'accès au crédit. Selon l'étude annuelle de la société Altares, 60.000 entreprises ont fait l'objet d'une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire en 2010. 90% des entreprises défaillantes observées ont en commun de n'utiliser aucun logiciel spécifique pour la gestion de trésorerie. Plus largement, les entreprises françaises n'auraient pas adopté les outils qui leur permettraient d'identifier facilement les marges clients ou produits.
Le rôle vital des tableaux de bord
La mise en place d'indicateurs et de tableaux de bord représente pourtant une aide indispensable à la navigation par gros temps. Ces outils permettent au chef d'entreprise de sécuriser sa trésorerie en ajustant ses besoins de financement à l'évolution de l'activité et en détectant en amont d'éventuelles difficultés. Un atout pour éviter d'avoir à agir dans l'urgence et sous la contrainte tout en préservant les relations avec son banquier. Après avoir gelé leurs dépenses en 2009 et partiellement en 2010, les entreprises sont aujourd'hui confrontées au redémarrage de leur activité dans un contexte de faible visibilité sur l'avenir.
Savoir gérer le démarrage
Une situation qui n'est pas simple à gérer car la reprise des affaires induit une augmentation des besoins en fonds de roulement (BFR) qu'il faut financer. «Les entreprises qui nous missionnent nous demandent depuis quelques mois de mettre en place un pilotage très fin de leur trésorerie: un pied sur l'accélérateur pour saisir les opportunités de reprise et un pied sur le frein pour contenir les hausses de BFR afin de ne pas consommer en quelques semaines les réserves de cash accumulées pendant des mois au prix de plans d'économie drastiques, de plans sociaux parfois, de privations voire de frustrations», témoigne David Brault, fondateur d'Objectif Cash, un cabinet spécialisé dans la direction financière opérationnelle et le management de transition.
Une démarche transverse
Sécurisation de la trésorerie et amélioration du BFR vont en effet de pair. En période de crise économique et bancaire, la réduction du BFR représente la première source de financement de l'entreprise. «Il faut arrêter de raisonner uniquement en termes de trésorerie. Une démarche d'amélioration du BFR est un processus transverse à l'entreprise impliquant tous les départements. Elle doit s'envisager comme une stratégie d'optimisation des process et des fonctions dans l'entreprise visant à mobiliser au mieux les ressources pour atteindre un objectif de développement donné», prévient François Monsellier, Business manager au sein du pôle BFR au sein du cabinet LowendalMasaï. Trouver les bons indicateurs, soigner les relations avec ses banquiers, identifier les différents gisements de cash en interne, autant de pistes à explorer pour sécuriser sa trésorerie.
Reprise ou nouvelle crise? Difficile à dire! La faible visibilité économique actuelle transforme le pilotage de la trésorerie en exercice essentiel à la survie de l'entreprise. Pour réussir en la matière, il faut utiliser des outils pertinents tout en adoptant de bonnes pratiques.
Dossier réalisé par Caroline Scribe