La crise a frappé les entreprises de transport et logistique de la région Paca dès octobre2008. «On produit moins, on consomme moins et donc, par conséquent, on transporte et on stocke moins», explique Michel Mattar, représentant de la fédération TLF (Transport et logistique de France) Méditerranée, installée à Vitrolles. Selon lui, les baisses de chiffres d'affaires enregistrées par les entreprises oscillent entre -10 et -35%. «Le plus grave est que nous n'avons plus aucune linéarité dans l'activité. Tout fonctionne au coup par coup. Ainsi, les entreprises ont réduit de 5 à 10% leurs flottes». «En période de crise, il est clair que les entreprises passent à la paille de fer tous leurs coûts. Pour réduire ces charges, elles cherchent des solutions différentes. Voilà pourquoi le secteur doit en permanence innover, chercher de nouvelles pistes qui pourraient permettre d'abaisser les coûts... », souligne de son côté Marc Reverchon, président du cluster Paca-Logistique. Avec la surcapacité de l'offre, la concurrence s'accroît et les prix sont donc tirés vers le bas. «Il n'y a aucun signe de reprise nulle part». La finalisation des accords au sein du Grand port maritime de Marseille n'a pas non plus apporté plus de stabilité à l'activité. «La disparition du groupe Transco - La Fosséenne (240 salariés) en décembre2008 n'a ainsi pas apporté de travail supplémentaire aux autres opérateurs dans le transport de conteneurs maritimes», poursuit Michel Mattar.
Trafic avec l'Algérie pénalisé
Dans ce contexte, la loi de finances votée en juillet par le gouvernement algérien visant à durcir les modalités d'importation des marchandises a vivement fait réagir l'Union maritime et fluviale (UMF) de Marseille-Fos, qui en a appelé à la fin août à la secrétaire d'État au commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, afin que des négociations soient entamées avec l'État algérien. «L'Algérie représente près de 10% du trafic total du port», souligne-t-on à l'UMF. La nouvelle loi de finances algérienne impose notamment désormais aux importateurs de recourir aux crédits documentaires pour le règlement de leurs factures et interdit l'importation d'engins de travaux publics d'occasion. De plus, pour tout projet d'investissement dans le pays, les entreprises se doivent maintenant d'avoir un partenaire national à hauteur de 51% du capital. Le tableau s'est encore noirci début octobre. Désormais, le port d'Alger ne reçoit plus de marchandises non conteneurisées. Une décision qui a été prise afin de résoudre les problèmes d'engorgement du port d'Alger.
Lancement du parc logistique des Bréguières
D'un autre côté, courant octobre a été inauguré près de Draguignan un nouveau parc logistique, la zone d'activités logistiques des Bréguières, sur un espace de 65 hectares situé sur la commune des Arcs-sur-Argens. 20% des espaces ont été vendus: Lidl installera ainsi à partir de juin2010 une plate-forme logistique de 38.000 m². Filiale de Royal Mail, la poste du Royaume-Uni, GLS a pour sa part signé pour 2.200 m² livrables en avril. Ces deux entreprises annoncent la création de 300 emplois (200 pour Lidl, 100 pour GLS) sur le site.
En 2009, la filière transport-logistique en Paca a connu un net repli. Déjà secouées par les grèves du Grand port maritime de Marseille, les entreprises de transport et de logistique sont aujourd'hui pénalisées par les nouvelles mesures d'importation mises en place par le gouvernement algérien, notamment en ce qui concerne le port d'Alger. (Photo G.Gz)