«Notre métier originel a disparu», témoigne Martial Muller. Quand il crée Topcolor en 1982 à Ingersheim, c'est un laboratoire photographique de 400m² destiné à une clientèle de studios photo et d'agences de communication. Aujourd'hui, la PME, implantée à Colmar sur 2.800m², emploie 30 personnes et a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 3,5millions d'euros. Sa clientèle, mi-régionale, mi-nationale se compose de toutes les entreprises qui communiquent par l'image: affiches, enseignes, PLV, marquage de véhicules, etc. Autant dire que la société haut-rhinoise a bien négocié le virage du numérique. «La performance a été double car nous avons su arrêter une activité et nous remettre en question. Mais le virage a été difficile», confie Martial Muller. En 1997, le dirigeant a été contraint de mettre à la casse du matériel récent d'un montant de 15millions de francs pour le remplacer par du matériel numérique au coût équivalent. Entre1998 et2003, l'entreprise a traversé une période délicate. Mais depuis 2003, le résultat est bénéficiaire. Et depuis 2009, l'effectif est passé de 17 à 30 salariés.
À la pointe de la technologie
Grâce à des investissements réguliers, Topcolor Numéric a su rester compétitive et offrir un panel de services très complet. Son matériel de haute technologie lui permet d'imprimer jusqu'à 220m² à l'heure, sur tout support (textile, PVC, aluminium, bois, etc) et jusqu'à 40cm d'épaisseur. «Au niveau équipement, aujourd'hui, nous avons une puissance d'impression de 1.000m² par jour», assure Martial Muller. En 2011, l'entreprise a investi 1,2million d'euros dans son parc machines. En 2009, plus de 2millions d'euros ont été injectés dans l'achat et les travaux du bâtiment colmarien, où Topcolor Numéric est installée depuis janvier2010. L'an prochain, le dirigeant prévoit un nouveau programme d'investissements. «Nous devons rester à la pointe de la technologie. C'est une philosophie d'entreprise», indique-t-il.
Des murs de l'Assemblée nationale aux plafonds tendus
Cette stratégie a permis à l'entreprise de décrocher un contrat d'exclusivité avec Barrisol. Depuis 2008, elle imprime tous les plafonds tendus du fabricant haut-rhinois. L'an dernier, elle a également remporté un marché prestigieux: l'impression des tapisseries du couloir de l'Assemblée nationale, soit 1.000m². Cette année, Topcolor Numéric propose l'impression et la découpe de supports en carton pour du packaging et de la PLV. Ces nouveaux produits, mis sur le marché depuis janvier dernier, ont permis à l'activité de progresser de 20%. L'entreprise sort plusieurs nouveautés par an. Topcolor a su se faire une place sur le marché national. Elle possède deux concurrents sérieux, l'un à Paris, l'autre à Lyon. Mais la PME exclut une prospection à l'export. «Notre métier nous impose d'être réactifs dans les 24 à 48heures. Or, si nous devions réaliser nos prestations ailleurs, ce délai passerait à une voire deux semaines», explique le chef d'entreprise.
Un avenir assuré
Celui-ci a su diversifier ses marchés et sa clientèle pour limiter les risques. Aucun de ses clients ne dépasse 5% du chiffre d'affaires. Un paramètre qui rassure en cette période de conjoncture incertaine. L'autre élément de satisfaction de Martial Muller est la transmission de sa société. Ses deux fils, Stéphane et Benjamin, qui travaillent déjà dans l'entreprise, l'un au secteur commercial, l'autre à la technique, sont prêts à assurer la relève d'ici une dizaine d'années. «Tout seul, je n'aurais pas construit ce nouveau bâtiment. Et surtout, je suis fier qu'il y ait une suite», fait valoir le dirigeant. De quoi assurer l'avenir de Topcolor pour les 30 prochaines années...
Topcolor Numéric
(Colmar) Président: Martial Muller 30 salariés Chiffre d'affaires 2011: 3,5millions d'euros 03 89 27 91 70