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uel est l'objectif de cette levée de fonds pour TMW, spécialisée dans les technologies de production d'eau potable et de traitement de déchets liquides?
Depuis 2011 avec le lancement commercial d'Ecostill, procédé innovant de traitement des déchets liquides, nous avons eu trois commandes: en France, en Angleterre et en Espagne. Les premiers mois de 2012 nous permettent d'envisager 1M€ de chiffre d'affaires sur l'année. Avec l'arrivée de 900.000€ en fonds propres, l'entreprise va poursuivre ses efforts de commercialisation, optimiser la conception d'Ecostill pour l'industrialisation de la fabrication. Cette phase devrait conduire la société à atteindre son point mort en 2013.
Quels sont les partenaires financiers?
À 75%, ce sont les actionnaires historiques. Une trentaine de personnes qui croient au projet depuis le début. Nous sommes dans une situation typique de capital-risque, mais les banques françaises ne savent pas faire. Le procédé est innovant, mais il répond aux besoins des industriels qui doivent traiter leurs déchets liquides, tout en réduisant leurs coûts. De plus, le retour sur investissement est de quelques mois à deux ans.
Et vos partenaires industriels?
Sur le site de Juigné-sur-Loire, nous faisons de la R & D et de l'assemblage. La plasturgie est bien implantée en Pays de la Loire. La proximité avec nos sous-traitants permet d'échanger rapidement. Ils ont, tous, la capacité de produire les pièces en série. Ce qui est un point important pour l'avenir. Nous avons aussi des accords avec Total et Schneider.
L'Angleterre et l'Espagne: vous misez déjà sur l'export?
Dans ces deux cas, ce sont les clients qui sont venus nous chercher. La cible est d'abord le marché français: industries de traitement de surfaces métalliques, robinetterie, mécanique industrielle, carrosserie, chimie, peinture... Puis, en 2013, nous travaillerons à la mise en place d'un réseau commercial à l'export: Italie, Grande-Bretagne, Allemagne, Benelux, Suisse...
Ecostill n'est plus un prototype. Quelles ont été les étapes importantes de son développement?
1999 à 2008 a été une période exploratoire, la plus risquée et la plus onéreuse: 1,5M€ de subventions et 4,5M€ d'investissements dont 300.000€ dans les brevets. Dix pilotes ont été en tests chez les clients. 2008 à fin 2010 a été une phase de recrutement et de validation technologique: notre procédé d'évapo-condensation ne vaut que parce qu'il est économe en énergie; il fallait maximiser le rendement énergétique. Enfin, 2011 a été le début de la commercialisation.
Quels seront les prochains enjeux pour TMW?
Avant tout, atteindre le point mort en 2013. Ensuite, il y a la commercialisation à l'international et de nouveau du développement technologique pour augmenter la capacité de moins de 1m³/j à 5-10m³/j. Notre procédé se décline en deux produits. Ecostill est notre locomotive. Mais à long terme, avec le traitement de gros volume, c'est Aquastill pour le dessalement qui sera le produit phare.
TMW
(Juigné-sur-Loire) P-dg: Philippe Bertin 12 salariés