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Thalès : Des recrutements flexibles contre le chômage
Ille-et-Vilaine # Électronique # Ressources humaines

Thalès : Des recrutements flexibles contre le chômage

À Étrelles, Thalès recrute 185 personnes sur deux ans. Parmi ces embauchés, des demandeurs d'emploi bénéficient d'une formation « tremplin ».

En 2015, Thalès a recruté 85 personnes (dont 35 en CDI, le reste en CDD) rien que pour son site vitréen, à Étrelles. Ses effectifs atteignent aujourd'hui 470 salariés en CDI. « Cette année, nous prévoyons 100 recrutements de plus, dont 45 en CDI. Globalement, l'entreprise se porte bien et recrute sur l'ensemble de ses métiers : études, production, support, commerce... », souligne Éric Normand, directeur sur place.

« Clés en main »

Parmi ces contingents d'embauchés, figurent des demandeurs d'emploi du bassin local depuis septembre dernier. Sur 22 de ces profils, deux embauches directes ont été signées, 17 sont intégrés en CDD et le reste continue son immersion. Un succès. L'entreprise a noué des partenariats avec les acteurs locaux de l'emploi (dont Pôle Emploi en première ligne) et le conseil régional - qui investit chaque année plus de 100 millions d'euros dans la formation -, pour bénéficier de ces parcours d'intégration « clés en main ».

Des profils et des habiletés

Pourtant, les profils identifiés n'étaient pas forcément liés à l'électronique et autres métiers de Thalès... Les demandeurs d'emploi eux-mêmes n'imaginaient pas un jour rejoindre les rangs de ce géant mondial, dont ils connaissaient pour la plupart à peine le nom et la présence à Étrelles. La mobilité professionnelle a ses visages. Nicolas, 28 ans, a débuté sa carrière dans la comptabilité avant de se réorienter. Stéphanie, 20 ans, s'était formée au commerce... Sa dextérité manuelle l'a conduite aujourd'hui à assembler des composants électroniques pour les avions de chasse. Cette autre ancienne salariée de Texier a passé 20 ans dans la maroquinerie, avant son licenciement économique. « Dès que j'ai reçu ma lettre, j'ai foncé ! », témoigne-t-elle.

De la flexibilité

En fonction des besoins de Thalès, Pôle Emploi et ses partenaires ont monté la formation adéquate, sur mesure et même diplômante. « C'est de la dentelle », sourit Anthony Jeuland, directeur du Pôle Emploi et la Maison de l'emploi de Vitré qui peut aussi s'adapter aux TPE-PME. Un service gratuit pour l'entreprise qui salue un dispositif « très flexible ». La flexibilité, c'est l'un des griefs réguliers des chefs d'entreprise et ce schéma entre pleinement dans le nouveau plan « 500.000 formations » du Président de la République à un milliard d'euros. En 2015, Pôle Emploi Vitré a « investi » 290 000 euros en formation et entend « aller plus loin » pour convaincre les plus petites entreprises. De son côté, Thalès ne mise plus uniquement sur les diplômes, CV et autres lettres de motivation. « Nous recrutons un profil et des habiletés », précise Laurence Ladurée-Cantet, DRH du site d'Étrelles. Son directeur « insiste aussi sur la performance collective » et la mise en réseau des entreprises qui peuvent s'échanger les profils. « Et ça marche ! », s'enthousiasme le nouveau sous-préfet de Vitré-Fougères. Fabien Martorana défend « la confiance » primordiale pour la réussite de ce dispositif, « à démultiplier auprès des entreprises ». La députée locale Isabelle Le Callennec a d'ailleurs informé la ministre du Travail de cette initiative positive.

30 % de diversification

En 2012, Thalès a engagé une diversification hors contrats Défense vers le secteur privé. Aujourd'hui, sa part représente 30 % de l'activité d'un site comme Étrelles qui travaille pour le spatial, les télécoms, les pétroliers et, c'est nouveau, pour l'automobile. « Les entreprises de l'électronique recommencent à recruter après avoir détruit jusqu'à 40 % d'emplois en dix ans », constate Mathieu Peraud, pour l'UIMM 35-56. Ces recrutements permettent aussi d'anticiper l'avenir. « Nous avons un rôle d'entreprise responsable et avons trouvé la bonne valeur ajoutée. Je voulais protéger nos savoir-faire, mais aussi préparer les départs à la retraite que nous devrons gérer en 2018 », confie Éric Normand. Son site aura alors 40 ans... Sa moyenne d'âge actuelle s'élève à 44 ans.

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