Témoignage d'entrepreneur : « Quand c'est la crise, j'investis »
# Industrie # Investissement

Témoignage d'entrepreneur : « Quand c'est la crise, j'investis »

Empêtré dans la crise du BTP, le fabricant d'outillages professionnels Sofop, basé en Loire-Atlantique, multiplie les investissements.

« J'investis quand c'est la crise. Car quand l'activité est là, je n'ai pas le temps ». En ce moment, Eugène Reitz, P-dg de Sofop, investit. Les 242 salariés de cette entreprise familiale de Montoir de Bretagne fabriquent en effet des casques, des rubans de chantier, des équerres de maçons et des centaines d'autres outillages pour le BTP. Un marché qui est englué dans la crise.

Sur les neuf premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires de Sofop recule ainsi de 6 %. « En 2015, on devrait faire 30,5 millions d'euros, soit 1,5 million de moins qu'en 2014 », note Eugène Reitz. Conséquence, la rentabilité s'amenuise. « Elle est divisée par deux, mais l'entreprise reste bénéficiaire », assure le P-dg de Sofop. Le dirigeant dit anticiper les périodes de vaches maigres. « Il faut savoir thésauriser quand ça marche bien. Comme ça, on peut après sans souci taper dans la tirelire ». Ce qui est le cas aujourd'hui.

Transfert à Malville
Sofop vient d'injecter 1,1 million d'euros dans le transfert de Multigraphic de Montoir à Malville. Cette entité de 28 salariés spécialisée dans le marquage industriel dispose désormais de 4.300 m² de locaux contre 2.400 m² précédemment. Dotée de différentes technologies (impression numérique, sérigraphie, gravure, etc.), Multigraphic travaille aussi bien pour sa maison mère que pour des clients qui ne sont pas en lien avec le monde du BTP. Elle réalise ainsi des notices ou des adhésifs pour les portes des chariots de Manitou, des plaques métalliques d'ascenseurs, la signalétique (évacuation ou incendie) des bateaux de STX. Portée par cette clientèle de grands industriels, elle devrait terminer l'année en croissance de 10 %. « Si, on n'avait pas réalisé cet investissement, on n'aurait jamais pu faire de la croissance. On aurait fait moins 20 % parce qu'on aurait été incapable de tenir nos engagements, notamment en termes de délai », assure le P-dg.

30e permis de construire
Venant de finaliser le transfert de Multigraphic, Eugène Reitz s'apprête à déposer son trentième permis de construire en trente ans. Moyennant un investissement évalué à 500.000 euros, le dirigeant compte regrouper dans un an la vingtaine de collaborateurs de ses services R & D, qualité et maintenance, aujourd'hui éparpillés sur plusieurs sites. Cela devrait se traduire par la construction d'un nouveau bâtiment de 800 m² à Montoir-de- Bretagne.

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L'espace libéré permettra à Sofop d'investir dans une machine à injection aluminium, un monstre pesant une cinquantaine de tonnes. De quoi permettre à Sofop de se lancer dans la production de niveaux de maçon. Autre investissement, de 400.000 euros cette fois : la création d'une centrale de peinture dans son usine normande, activité qui était jusqu'alors sous-traitée. « Ma logique, c'est d'intégrer. Sous-traiter, ça ajoute un coût et un délai », explique Eugène Reitz. Peinture, injection plastique, vulcanisation du caoutchouc, usinage bois et métallique, impression numérique, etc. : en une trentaine d'années et après 30 millions d'euros d'investissements, Sofop commercialise environ trois mille produits. Deux milles d'entre eux sont fabriqués dans l'une des six usines de la PME.

Sofop
(Montoir de Bretagne)
P-dg : Eugène Reitz
242 salariés
32 millions d'euros de CA en 2014
02 51 16 60 60
www.taliaplast.com

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