« Un matin de janvier 2015, en arrivant dans l'entreprise, on s'est aperçu que les comptes avaient été siphonnés de 36.000 euros ! C'était Bpi Financement qui, sans prévenir, avait prélevé sur la trésorerie de la société 15 ans de contre-garantie d'un coup sur notre emprunt bancaire pour la construction de notre nouveau bâtiment. Nous, on pensait que ce serait lissé sur 15 ans...»
Un an de discussions pour l'emprunt
« Nous avons créé Akaze en 2003, lorsque nous avons emprunté, en 2008, pour l'achat de notre premier bâtiment, nous avions déjà une contre-garantie Bpi, mais sa quote-part était prélevée à chaque échéance de remboursement de l'emprunt, c'était indolore sur la durée. Mais les règles ont changé... »
« Nous sommes passés de 15 à 20 sur les deux dernières années avec une croissance de 20 % sur le dernier exercice (CA de 4,1 M€ NDLR). Nous avons deux activités : la fabrication d'armoires et vestiaires métalliques et le négoce de vestiaires et mobilier d'atelier qui monte en puissance et fait aujourd'hui 40 % de notre chiffre. En parallèle, nous avons lancé un nouveau produit, une armoire qui sèche les vêtements et investi dans de nouvelles machines, nous avions besoin de place. D'où un projet de nouveau bâtiment, une plateforme logistique. Pour ce bâtiment de 500 m², nous devions emprunter 900.000 euros. On s'est adressé à la Bpi qui a refusé une prise en charge directe, elle acceptait juste de venir en contre-garantie à hauteur de 30 % du montant de l'emprunt. À côté, les banques, qui trouvaient le projet ambitieux, étaient prêtes à s'engager... si la Bpi s'engageait financièrement. On a perdu plus d'un an en discussions et nous avons été obligés de louer un bâtiment durant 18 mois ce qui nous a quand même coûté 90.000 euros. Finalement, nous avons réussi à obtenir deux prêts bancaires. On a acheté le terrain en janvier 2015 et les travaux ont démarré en mai. Et c'est dès le déblocage du prêt que la Bpi a pris sa contre-garantie en entier. Au final, on a plus cher de Bpi que d'électricité sur le bâtiment... »
« Nous, on fait des casiers ! »
« Alors oui, on a signé un contrat sans lire les petites lignes, mais on n'est pas des professionnels des "petites lignes", nous, on fait des casiers ! On est bien obligé de s'appuyer sur les banquiers, c'est tellement nébuleux tout ça, mais aucun n'a attiré notre attention sur ce détail. On avait l'expérience du prêt précédent, on ne s'est pas méfié. On nous avait dit : appelez la Bpi, elle va vous aider... Et aujourd'hui, on se retrouve avec une trésorerie et un résultat plombé de 36.000 euros. »