A la tête de la "business unit" «Santé et environnement» de Team Côte d'Azur, Céline Jacquet fait le point avec Le Journal des Entreprises sur les actions de prospection engagées dans ces filières porteuses.
Team Côte d'Azur a changé son mode de fonctionnement et s'est doté de «business units». Pourquoi cette réorganisation?
Nous étions auparavant organisés par secteurs géographiques, car nous souhaitions être adaptés aux spécificités culturelles. Aujourd'hui notre approche a changé. Il faut toujours intégrer ce paramètre, mais il est encore plus important de parler le même langage que nos interlocuteurs en terme de business. Et pour cela, il faut travailler spécifiquement sur une filière.
Vous chapeautez une «business unit» spécialisée dans la santé et l'environnement, deux secteurs porteurs...
Ces filières sont assez nouvelles pour Team Côte d'Azur. Nous avons un gros travail de structuration à réaliser. Nous ne disposons pas encore de tous les éléments de communication ou de prospection nécessaires. Tout d'abord, une mise au point est nécessaire pour avoir les bons outils et bien commencer nos actions de prospection. Deuxièmement, et c'est le cas pour toutes les «business units», on s'appuie fortement sur les relais locaux. Il nous faut bien connaître les acteurs azuréens déjà présents sur ce secteur. Nous pouvons ainsi les aider en leur proposant de se joindre à nous sur des salons professionnels, les accompagner dans des perspectives de croissance externe, ou encore dans des projets d'extension... Sans oublier notre objectif premier: la prospection. Nous avons déjà réalisé un travail considérable de segmentation pour identifier à la fois les secteurs porteurs pour le territoire et ceux qui pourraient être touchés par la crise. Dans les Sciences du Vivant par exemple, on trouve des activités plus atteintes que d'autres, comme la pharmacie, les biotechs, alors qu'en revanche ce qui touche aux actifs naturels, la neutraceutique ou la cosmétique, reste dynamique partout dans le monde: nous allons y concentrer d'importants efforts de prospection. La filière concernant le développement durable et l'environnement est également moins impactée par la crise. Et même si les subventions publiques sont en baisse sur ces secteurs, ils restent en plein boom.
Le tout en misant toujours sur l'attraction de bureaux d'études et de centres de R & D?
Ici le foncier est cher, donc dans la continuité de ce qui a été fait jusqu'à présent, on se concentre sur l'attraction de matière grise et - notamment en matière de développement durable - de bureaux d'études, cabinets d'ingénierie énergétique, etc.
Avez-vous déjà des dossiers bien avancés?
Il y a Enerqos, une société italienne née en 2006, passée en deux ans de 0 à 65 personnes et de 0 à 35M€ de chiffre d'affaires. Leur coeur de métier: proposer des solutions énergétiques complètes sur le photovoltaïque, du financement à l'installation en passant par l'ingénierie. Leur projet serait d'installer sur la Côte d'Azur un bureau de support technique et de développement de solutions pour toute l'Europe... une implantation d'une cinquantaine de personnes.
Face à la crise, il y a donc encore des prises de décision?
L'effet de levier créé par les subventions pour ces secteurs d'activité joue bien plus qu'il y a un an. Le dossier Enerqos a par exemple avancé assez vite, mais nécessite aujourd'hui un accompagnement de prime à l'aménagement. Cela ralentit forcément le processus. Plus globalement, nous n'avons pas encore beaucoup de recul, mais ce genre de dossier, qui dépend beaucoup d'aides, pourra avancer malgré la crise s'il concerne une société placée sur un marché qui continue de croître.
Quels sont vos objectifs?
Nous travaillons beaucoup sur la détection de projets. Ce qui est important pour nous actuellement se résume à repérer des projets qualifiés d'entreprise. Nous envisageons de cibler en moyenne chaque année entre 40 et 50 dossiers par "business unit". Il est toujours difficile en période de crise de se fixer des objectifs d'implantation... Le plus important est de continuer à identifier des projets pour être positionné quand l'entreprise sera prête. Le laps de temps entre la détection du projet et sa finalisation va de toute façon s'allonger avec la crise.