Roger David Lellouche ne veut surtout pas trop en dire. Tout juste saura-t-on que les deux nouveaux concepts, lancés en 2010 par l'équipementier automobile niçois spécialisé dans l'électronique embarquée, concerneront le segment de produits ?navigation?. Un marché très concurrentiel que Takara a abordé en 2004 et sur lequel l'entreprise, petit poucet face aux géants Tom Tom et Carmin, concentre ses efforts notamment en matière d'innovation. «Ils devraient donner un vrai coup d'accélérateur en terme de CA et de visibilité» pronostique son directeur général. Fondée en 1976 par Frank Lellouche, Takara se positionne d'abord sur le marché de l'autoradio. Mais il faudra attendre le début des années 90 pour que la marque sorte de l'ornière et se fasse connaître du grand public. L'équipementier lance alors le premier combiné autoradio/CB qu'il s'empresse de breveter. En pleine ère de la CB, «le GPS d'hier», l'innovation fait mouche et crédibilise l'entreprise familiale qui entre ainsi dans la cour des grands. Troisième plus gros vendeur en France, après JVC et Sony, «Takara vend aujourd'hui plus d'autoradios que Pioneer, la marque référence sur ce segment de produits» sourit Roger David Lellouche se référant ici à l'Indicateur GFK d'avril2009. «Avec le combiné CB, Takara s'est imposée comme précurseur dans son domaine» insiste l'homme.
Diversification
Un domaine que l'entreprise a depuis élargi en se positionnant sur le marché de la vidéo portable et embarquée (lecteurs DVD), qu'elle cherche dès 2002 à démocratiser. «Le marché étaiten totale végétation», se souvient le dirigeant qui en profite pour créer la division automotive au sein de l'entreprise, canal de distribution qui représente aujourd'hui 40% du CA. Avec des produits «simples à installer et accessibles à tous les budgets», Takara s'impose et devient «la marque référence en France sur ce segment». Désormais leader, ses parts de marché oscillent entre 30 et 40%.
Croissance positive
Cette réussite, Takara la doit en partie à son positionnement lowcost. Fabriqués en Chine - «l'atelier du monde» -, «nos produits sont de même qualité que ceux de nos concurrents, mais on s'aperçoit que sur des caractéristiques similaires, les différences de prix peuvent aller jusqu'à 30%» assure le dirigeant. Un choix stratégique, identifié dès le début de l'aventure, qui réussit à l'équipementier automobile. Takara autofinance son développement, «sans aucun concours bancaire», et continue à enregistrer une croissance malgré la crise que traverse le secteur. Discret, Roger David Lellouche ne veut pas dévoiler le chiffre d'affaires de l'entreprise, mais évoque «plusieurs dizaines de millions d'euros». Le dirigeant explique cette progression par l'addition de plusieurs épiphénomènes. Le positionnement prix d'abord: «En période de crise, les distributeurs s'orientent plus facilement vers les produits petits budgets, plus recherchés par les consommateurs». L'innovation technologique ensuite. «Nous avons été les premiers en Europe à sortir une antenne GPS Sirf 4 associée à un processeur de 500MHz, et le lancement en 2008 du combiné autoradio/navigation enregistre des retombées très satisfaisantes.» Autant d'innovations issues de son pôle de recherche coréen qui permettent à l'entreprise de résister sur ces marchés de masse dominés par des leaders mondiaux ou européens. Enfin, la récente ouverture à l'export permet de compenser la baisse d'activité au niveau local. En effet, depuis 2007, Takara développe un réseau de distribution en Europe, dont l'objectif sera à terme de représenter 35% de l'activité.
Spécialisée dans l'électronique embarquée, la marque Takara poursuit sa croissance et mise, avec le lancement de nouveaux produits en 2010, sur le marché de la navigation. Un secteur très concurrentiel que l'équipementier automobile niçois souhaite marquer de son empreinte.