La révolution libyenne ne fait pas les affaires des chantiers STX. Alors que le conflit entre insurgés et pro-Kadhafi, arbitré par une coalition internationale, s'enlise, les chantiers nazairiens poursuivent actuellement la réalisation du X32. Ce paquebot a été commandé l'été dernier par la compagnie libyenne GNMTC dont l'un des principaux actionnaires n'est autre que Hannibal Kadhafi, le fils du colonel. Mais vu le contexte international, le contrat, d'un montant estimé entre 500 et 600M€, donne des sueurs froides à la direction de STX France
Contrat valable.
«Ce contrat est toujours en vigueur. Nous attendons le deuxième acompte qui équivaut à 25% de la valeur du navire. Notre client a jusqu'au 15mai pour nous le payer mais les sanctions internationales gèlent les avoirs libyens. Notre contrat est pourtant valable puisqu'il a été signé avant les événements en Libye. Le client me dit qu'il fait tout pour débloquer les fonds», indique Jacques Hardelay, directeur général de STX France. Si le deuxième acompte n'est pas versé par GNMTC au 15mai, les chantiers nazairiens se verront dans l'obligation de trouver un nouvel armateur intéressé par la coque. Car en cas d'arrêt de la fabrication du X32, ce sont 600 à 700 ouvriers qui pourraient être touchés par des mesures de chômage technique. Pour reprendre la coque, on pense évidemment à MSC, d'autant que X32 est un sistership des paquebots de la classe Fantasia récemment livrée à la compagnie italo-suisse. Le dossier a pris une tournure politique lorsque Franck Louvrier, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy et conseiller régional, a indiqué que l'État, actionnaire des chantiers nazairiens à 33%, fera tout pour «trouver une solution alternative et permettre que ce navire soit fourni à MSC». Mais d'autres armateurs pourraient être intéressés par cette coque indique le patron des chantiers. Outre le problème libyen, STX France attend la confirmation de la commande de deux BPC de la part de la Russie. «Il faut être patient. Le dossier est compliqué car les Russes n'ont pas l'habitude des contrats internationaux», explique Jacques Hardelay.
STX France
(Saint-Nazaire) Dg: Jacques Hardelay 2.300 salariés 600M€ de CA 02 51 10 91 00