SRF : Le fabricant de jantes emporté dans la tourmente du secteur automobile
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SRF : Le fabricant de jantes emporté dans la tourmente du secteur automobile

L'équipementier automobile de Soultzmatt devait déposer le bilan fin avril.

Accumulant les pertes et victime d'une chute de son carnet de commandes, l'équipementier automobile SRF ne pouvait plus tenir indéfiniment. L'entreprise devait déposer le bilan fin avril, après le bouclage de ces lignes. Un drame pour la ville de Soultzmatt, mais les faits sont là: SRF Borbet a enregistré 4,2millions d'euros de pertes l'an dernier pour un chiffre d'affaires d'environ 23millions d'euros, et son carnet de commandes est en fort recul depuis le début de 2009. «Le recul du carnet de commandes n'est pas surprenant dans le contexte actuel, d'autant plus qu'en début d'année nous avons perdu la production d'un type de roues au profit d'un concurrent», témoigne Dominique Bleesz, dirigeant de l'entreprise. Le problème de la rentabilité n'est pas nouveau: «Il est dû à l'ancienneté du parc de machines et au fait qu'il y a trop d'opérations de manutention», explique-t-il.




Un investissement de 20M€ stoppé net

À cela se sont ajoutées en 2008 une pression supplémentaire sur les prix de vente et la hausse des cours des matières premières. Décidé il y a un an, un plan d'investissement de 20millions d'euros -bâtiments et machines - devait remettre le site à niveau. Il a été stoppé net par la crise. Le permis de construire avait pourtant été délivré en fin d'année. L'avenir de l'entreprise s'est donc peut-être joué à quelques mois près. Résultat, cette situation met en péril la plus importante société de Soultzmatt et l'emploi de plus de 150 personnes. «Depuis janvier, nous avions 15 jours de chômage technique par mois», témoigne Nacer Agrebi, délégué syndical CGT, «mais il restait encore un peu d'activité». Il confirme que la baisse du carnet de commandes serait due à la perte d'un marché avec PSA Peugeot-Citroën, le principal client du site. Mais Nacer Agrebi veut y croire. «L'outil de travail et le savoir-faire sont là», explique-t-il, espérant un redressement et un hypothétique repreneur. Président de PerfoEst, le réseau regroupant les équipementiers automobiles du Grand Est, Arnold Tramaille reconnaît là une «situation symptomatique des difficultés du secteur. Cela doit inciter tout le monde à la plus grande vigilance», affirme-t-il. «Il faut que les entreprises s'intéressent, avant qu'il ne soit trop tard, à tous les dispositifs de soutien mis en place par l'État», rappelle-t-il. Malgré les prises de contacts avec les autorités, que nous confirme Dominique Bleesz, ces dispositifs n'ont visiblement pas bénéficié à SRF qui, il est vrai, n'est structurellement pas rentable. Dans ce contexte, la règle est claire: l'État ne finance pas des pertes. Les chances d'une reprise de l'entreprise sont minces et l'on se dirige probablement, sauf miracle, vers la liquidation.

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