Dans les universités américaines et japonaises, mettre au point des véhicules solaires est une pratique courante. Les étudiants rivalisent d'ingéniosité pour mériter le droit de participer au World Solar Challenge. Traverser l'Australie de Darwin à Adélaïde, soit 3.000km, le plus rapidement possible en n'utilisant que l'énergie du soleil peut paraître fou. Et pourtant, ce défi, des ingénieurs toulousains du laboratoire d'électrotechnique et d'électronique industrielle (LEEI) du CNRS l'ont relevé. Ils ont mis au point le véhicule solaire Solelhada, qui a participé à l'édition 2001 du World Solar Challenge.
Expertise toulousaine
«Le challenge était de fabriquer un véhicule léger et avec un bon aérodynamisme», explique Dominique Harribey, ingénieur d'études au CNRS et l'un des concepteurs de Solelhada. En forme de goutte d'eau, Solelhada, qui possède trois roues, est équipé de 8m² de panneaux solaires. L'expertise du LEEI en matière de motorisation et conversion d'énergie a permis de venir à bout de ce projet ambitieux. «La puissance de ce type de véhicule dépassant rarement 1.500W soit celle d'un sèche-cheveux, il est impératif de limiter les pertes d'énergie. Nous avons alors mis au point un moteur que nous avons installé dans la roue avant. Il permet un rendement atteignant 95%», expose Dominique Harribey. Quant à la carrosserie, elle a été confiée à la PME Protoplane, basée à Bagnères-de-Bigorre. Selon Dominique Harribey, Solelhada est un prototype abouti et l'on ne peut guère aller plus loin dans les technologies utilisées. Du 29mai au 1erjuin, Solelhada devrait revenir sur le devant de la scène, lors du rallye solaire Phébus (cf. article ci-dessous). Le véhicule devrait intriguer à nouveau passionnés et curieux sur les routes entre Barcelone et Toulouse.
Bientôt sur les routes?
Si Solelhada a permis de valider un prototype grandeur nature, Dominique Harribey reste dubitatif quant à l'usage d'un véhicule solaire dans la vie de tous les jours. «Je ne vais pas vous dire qu'il y aura demain des véhicules solaires sur les routes. Les panneaux solaires installés sur les voitures alimenteraient à peine l'autoradio», sourit-il. Pour lui, équiper sa maison de panneaux photovoltaïques et utiliser l'énergie amassée pour recharger les batteries de sa voiture semble plus judicieux. Pourquoi pas non plus coupler avec le solaire d'autres sources d'énergie telles que le gaz, l'électricité ou l'hydrogène? «Ce qui est certain, c'est que l'on peut déjà augmenter le rendement des moteurs pour éviter des pertes d'énergie», suggère-t-il.
Tél.: 05.61.58.83.87 http://solelhada.inp-toulouse.fr/
Imaginé et conçu dans un des laboratoires de l'Enseeiht-INP de Toulouse, le véhicule solaire Solelhada sera sur la ligne de départ du 9e Rallye Phébus, qui reliera Barcelone à Toulouse du 29mai au 1erjuin.