Sodetal investit 1,8 million d'euros dans l’innovation et veut booster sa production
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Sodetal investit 1,8 million d'euros dans l’innovation et veut booster sa production

L’actionnaire russe de la tréfilerie meusienne Sodetal AWT a investi 1,8 millions d'euros dans un projet baptisé « Ultracut ». Il débouchera en 2017 sur le lancement d’un fil de découpe innovant destiné à l’industrie des composantes électroniques et des panneaux solaires.

La tréfilerie Sodetal Advanced Wire Technologies à Tronville-en-Barrois (Meuse) va lancer au premier semestre 2017 un fil à scies à haute performance pour la découpe de « wafers», des plaques de silicium. Terwingo, l’actionnaire russe de l’entreprise qui emploie 155 personnes en CDI, a investi 1,8 M€ dans ce projet de R&D avec un soutien à hauteur de 26% de la région Grand-Est et du groupement d’intérêt public Objectif Meuse (*).

Démarré en 2014, le projet baptisé « Ultracut » vise à améliorer les performances d’un fil de 175 micromètres utilisé comme support pour une pâte diamantée dans la découpe de plaques de silicium. Pour ses clients fabricants de composantes électroniques et de panneaux solaires implantés en Europe de l’ouest, l’industriel a mis au point un fil déformé dans les trois plans : des déformations qui visent à entraîner davantage de pâte diamantée et ainsi à augmenter la vitesse de coupe. « Nous sommes parvenus à stabiliser l’amplitude des déformations et à rendre le fil plus agressif. Des tests de validation sont en cours avec des industriels parmi lesquels Photowatt, un des pionniers de l’industrie solaire », se félicite Artyom Bogoslavsky, président de Sodetal.

Ce projet devrait soutenir ses ventes de fil à scies dans un contexte tendu chez les fabricants européens de panneaux solaires. Les recherches vont également lui permettre de booster ses performances sur son principal marché, celui des steelcords (80% du CA), des assemblages de 2 à 27 fils utilisés dans le renfort des pneumatiques. Unique fabricant indépendant de steelcords en Europe, Sodetal est en effet en concurrence avec des majors comme le belge Bekaert et le coréen Kis Wire.

Investissement de 25 millions d'euros

Le projet Ultracut rassure quant à l’avenir de la tréfilerie passée par la case « redressement judiciaire » suite aux difficultés de son ancien actionnaire, l’allemand Saarstahl. Son rachat en 2014 par Terwingo s’était soldé par la réduction de la masse salariale de 300 à 155 personnes. En contrepartie, le groupe de Saint-Pétersbourg s’était engagé à ne pas délocaliser les 200 machines les plus performantes et à investir entre 3 et 5 millions d'euros sur le site. « Nous sommes aujourd’hui nettement au-dessus de ce chiffre : Terwingo a investi 10 millions d’euros depuis 2014 à Tronville-en-Barrois (machines, formation, fonds de roulement) », détaille le représentant de l’actionnaire Terwingo qui dispose d’une seconde tréfilerie en Slovaquie. Parallèlement, les syndicats ont signé un accord de compétitivité en avril 2015 à travers lequel ils acceptent de travailler un poste de plus par mois sans majoration salariale.

Avec une production annuelle de 19 000 tonnes en 2016 (+50% depuis 2014), Sodetal entend franchir un cap supplémentaire : « Notre prochain programme d’investissement vise à atteindre une production annuelle de 35.000 tonnes à l’horizon 2020. Cela reviendrait à augmenter de 3,3 à 5,3% notre part de marché. Nos actionnaires et des banques nous ont permis de réunir la moitié de la somme globale chiffrée à 25 millions d’euros. La difficulté est maintenant de trouver un accord avec les autorités locales-régionales pour obtenir la moitié restante, les banques européennes étant peu enclines à soutenir une société fraichement sortie d’une procédure de redressement judiciaire », déplore Artyom Bogoslavsky.

(*) Objectif Meuse gère le dispositif de soutien économique créé suite à la l’implantation du laboratoire de l’Andra à Bure.

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