Crise économique, fermeture du site Edscha à Briey en 2014, concurrence étrangère de plus en plus agressive : Le spécialiste meusien des traitements de surface par électrozingage et thermolaquage a accumulé les coups durs ces dernières années. Malgré des effectifs divisés par deux, Elfrieda Sylvie Blasczak, a gardé la foi. Cette dirigeante atypique, titulaire d'un doctorat en vieil allemand, ancienne cadre chez Siemens, Edscha et Kaiser en Lorraine, s'est mise en quête d'opportunité de croissance externe. Elle a repris Applications Vel en 2013 alors en redressement judiciaire. Rebaptisée SLCT (Société lorraine de cataphorèse technique), le site de Fontoy (Moselle) dispose de deux lignes de cataphorèse, un procédé de traitement anticorrosion très utilisé dans l'industrie automobile : « Cet ancien fleuron de la vallée était à la fois un client, mais aussi notre fournisseur. D'un côté, Applications Vel nous confiait le thermolaquage de pièces traitées par cataphorèse, de l'autre nous lui sous-traitions des pièces pour le compte de nos clients. Or, avec sa mise en redressement judiciaire, nous subissions des retards de paiement...», se souvient la responsable.
Dans le sillage du Master
Après le rachat, Elfrieda Sylvie Blasczak a investi 500.000 ? avec les soutiens du fonds européen Feder et de la Région Lorraine. Les résultats ne se sont pas fait attendre : en deux ans, le CA et la masse salariale ont grimpé d'environ 45%. La société profite de la bonne santé du Renault Master qui génère à lui seul une grande part de l'activité. Fin 2015, SLCT a gagné le marché du traitement des cloisons de séparation de l'utilitaire : 450 pièces par jour pour alimenter l'usine Sovab à Batilly (Meurthe-et-Moselle). « Nous allons réinvestir cette année 180.000 euros pour renouveler et mettre en doublure certains équipements, car Renault travaille en flux tendu », détaille la lauréate du Trophée Grand-est des Femmes de l'économie en 2015. Le site mosellan assure également le traitement des pièces de rechange destinées à l'usine Renault de Flins (Yvelines) pour Eurostamp (Meurthe-et-Moselle). Pour diversifier son activité, il s'est également positionné sur le marché des pièces de fonderie, une de ses lignes étant en capacité de traiter des pièces jusqu'à 450Kg. Des portières de 2CV et de Mehari pour le compte du Mehari-Club Cassis transitent également par ses 11.000 m² d'ateliers ! « Dans l'intervalle, l'activité de SLTS en Meuse s'est maintenue malgré le recul du marché de l'électrozingage. En effet, nous avons investi dans un gabarit pour assembler les palettes sur-mesure dont a besoin SLCT », poursuit la dirigeante. Elle maintenant regarder vers l'avenir. A Bouligny, SLTS collabore avec une entreprise meusienne pour développer des peintures chauffantes, fluorescentes, antigraphittis. A Fontoy, STCT est partenaire industriel du projet MAO (microarcoxydation) porté par l'IRT-M2P à Metz (Institut de recherche technologique, matériaux, métallurgie, procédés). Lancé en 2014 pour quatre ans, le programme vise à perfectionner les procédés de traitement des pièces en aluminium et en carbone. Si le traitement des pièces en carbone intéresse surtout Safran, celui des pièces en aluminium concentre tous les espoirs de SLCT. « C'est un procédé d'avenir, car les pièces de carrosserie en aluminium vont occuper de plus en plus de place dans la construction automobile», conclut la gérante. SLCT pourrait mettre en service une ligne MAO à l'horizon 2025.
SLTS (Société lorraine de traitement de surface)
(Bouligny - 55) CA 2015 : 1,9M? Effectifs : 25 personnes www.slts.fr
SLCT (Société lorraine de cataphorèse technique)
(Fontoy - 57) CA 2015 : 4,2M? Effectifs : 50 personnes www.slct.fr