Sécurité : Un marché sous pression
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Sécurité : Un marché sous pression

SURVEILLANCE Le marché de la sécurité évolue vite dans le Morbihan. Face à une meute de petites structures, les PME visent l'évènementiel et ses meilleures marges.

Le marché de la sécurité dans le Morbihan connaît des évolutions rapides. Est-ce la pression démographique associée à la précarisation du travail qui joue un rôle dans le développement de la délinquance bretonne? Il y a un an, le département connaissait d'ailleurs une flambée d'effractions dans des locaux commerciaux, qui concernaient alors 42% des cambriolages. Depuis, l'action d'un référent sûreté, l'adjudant Didier Audain, semble avoir porté ses fruits. Selon la préfecture, un repli des vols commis dans les locaux industriels et commerciaux a été constaté au premier semestre 2011. Un recul de 20,69% (-30% à Vannes et -13,64% à Lorient).




Chiffre d'affaires en hausse

Des chiffres qui laissent sceptique Alban Ragani, dirigeant avec son frère Cédric d'Option Sécurité Securiteam à Hennebont: «Nous sommes de plus en plus contactés par des entreprises qui doivent déplorer des cambriolages. Dernièrement, c'était zone de Lanveur à Languidic. Nantes et Rennes ont quatre à cinq ans d'avance sur la prévention de la délinquance mais dans le reste de la Bretagne, la notion de sécurité n'est pas intégrée.» Options Sécurité a vu l'an dernier une progression de 30% de son chiffre d'affaires, établi en 2011 à «4,8millions d'euros», selon Alban Ragani, qui veut au moins doubler d'ici à trois ans ses effectifs de 160 personnes (dont 50 dans le Morbihan). Sans pour autant que l'entreprise ne se substitue aux forces de l'ordre. «Après tout, eux, ils ne facturent pas. Nous sommes complémentaires. Les rondes font aussi partie de leur travail, nous sommes en contact régulier», remarque Alban Ragani, dont les véritables concurrents se nomment plutôt S.G.S (Quéven), avec qui les frères Ragani viennent de se partager un appel d'offres du Football Club de Lorient. À Options Sécurité, l'accueil des VIP, à S.G.S la sécurité proprement dite. «Nous conservons plus de 75% du marché», remarque Olivier Mélo, dirigeant de S.G.S, qui emploie une cinquantaine d'équivalents temps plein. «Notre valeur entreprise, c'est le management des hommes. Avec les Vieilles Charrues, pour qui nous avons effectué la surveillance des abords, le filtrage de la voirie et les pré-fouilles du festival, nous venons de mobiliser 140 agents.»




Prix cassés

«À Lorient, nos concurrents ont une attitude saine et ne sont pas là pour casser le marché», remarque de son côté Alban Ragani. Mais une autre lame de cisaille menace: celle des petites structures qui cassent les prix. Rien à voir avec l'envergure d'un Néo Sécurité (7.000 collaborateurs, 250millions d'euros de chiffre d'affaires) qui emploie une centaine de salariés pour sa prestation chez DCNS. Un groupe qui devrait d'ailleurs déménager son agence lorientaise au coeur de la BSM dans les prochains mois. En tout, une quinzaine de concurrents sont répertoriés rien qu'à Lorient. Or les marges sont parfois faibles. Option Sécurité, habitué des contrats avec les hypermarchés, voit sa rentabilité compressée entre 2 et 3%. «Dans l'évènementiel, nous parvenons à mieux valoriser nos prestations», remarque Olivier Mélo. Reste que dans le métier, le salaire moyen brut est de 1.350euros mensuels, avec des temps partiels annualisés. «La profession a fait progresser les salaires de sa convention collective de 4% au 1ermars 2011 avec 2% d'augmentation sur chacune des deux années suivantes», ajoute Olivier Mélo. Les salaires demeurent un enjeu majeur à l'heure où le nombre d'agents de sécurité est appelé à se densifier en France. En effet, le gouvernement veut recentrer les forces de l'ordre vers leur coeur de métier, avec la volonté de "privatiser" les transferts de prisonniers ou les fouilles dans les tribunaux...

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