SDA mise sur le «made in France» pour se développer. La savonnerie vient en effet de recevoir le label «Origine France garantie» de la part de l'association Pro France. Accordé aux produits dont plus de la moitié du prix de revient ainsi que les caractéristiques essentielles sont réalisés en France, ce label créé en 2011 revient cette année sur le devant de la scène médiatique. La conséquence de la campagne présidentielle et au débat autour du «made in France». Loin de ses considérations politiques, Yvan Cavelier, président de la savonnerie rezéenne, compte sur ce label pour continuer à progresser. «Dans l'univers des marques, il est très difficile de se repérer. Prenez par exemple Le petit Marseillais. D'abord, ce n'est pas du savon de Marseille (NDLR: qui décrit un procédé de fabrication basé sur la saponification et non une appartenance géographique). Il a beau être conditionné en France, sa base savon est importée d'Asie. Et il appartient à la marque américaine Johnson & Johnson», indique Yvan Cavelier. Pour le dirigeant nantais, la marque France doit booster l'activité de la savonnerie à l'international. Elle y commercialise ses propres marques depuis 2008 (La Cigale, Cigale Bio et Superclair): «L'image de la France est fabuleuse dans la cosmétique. La France, pour l'export, c'est du caviar», assure le dirigeant qui réalise 20% de son chiffre d'affaires en dehors de l'Hexagone. Principalement dans les Dom Tom, au Maghreb et dans les anciennes colonnies françaises d'Afrique. Les trois quarts de ses revenus, la savonnerie les réalise pour des marques de distributeurs. Système U, Leclerc, Auchan, Carrefour, Leader Price, etc.: «On travaille pratiquement pour tout le monde», indique Yvan Cavelier. Ces produits n'arboreront pas le logo «Origine France garantie». «Nous sommes en marque distributeurs. C'est à eux d'entamer la démarche. Mais ce serait une bonne chose pour nous qu'ils décident de communiquer là-dessus», avance Yvan Cavelier. Car cela pourrait offrir un élément différenciant aux savons fabriqués à Nantes. «Nous sommes la dernière savonnerie industrielle en France ayant une capacité de saponification de plus de 20.000 tonnes par an. Toutes les autres ont fermé. Le marché reste fragile», explique Yvan Cavelier. Ce dernier a lui-même repris SDA, en 2006, à la barre du tribunal de commerce avec deux autres anciens cadres (Pascal Marchal et Patrick Dailly) épaulés par le fonds parisien Alter Finance et Gilles Mesnard, par ailleurs directeur de Girard Hervouet à Clisson. Depuis l'activité, recentrée sur la fabrication de savons, a bien progressé, le chiffre d'affaires passant de moins de 4 en 2006 à 9,3millions d'euros en 2011.
SDA
(Rezé) Président: Yvan Cavelier 42 salariés 9,3M€ de CA en 2011 02 40 13 50 50