Scania : Le constructeur porté par la reprise mondiale
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Scania : Le constructeur porté par la reprise mondiale

Automobile L'année dernière, Scania Production Angers a doublé sa production de camions par rapport à 2009. Le groupe suédois tire les enseignements de la crise.

En 2010, Scania Production Angers a assemblé 9.594 camions. «C'est deux fois plus qu'en 2009», indique le P-dg, Jan Hilleström. À l'heure de dévoiler le bilan, l'année 2010 est qualifiée de «normale, dans la moyenne», avec «un bon volume». Elle avait pourtant mal démarré. Au premier trimestre, l'usine angevine a dû faire face à un de ses plus bas niveaux de production jamais enregistrés - 26 camions assemblés par jour -, nécessitant le recours au chômage partiel, sans pour autant procéder à des licenciements, conformément à la volonté du groupe suédois. À la mi-avril, portée par la reprise économique mondiale, la production a connu un véritable coup de booster. «Nous avons même dû travailler le 14juillet», souligne Jan Hillerström. Au dernier trimestre, le site atteignait les 52 camions quotidiens pour un effectif de 634 personnes. «Depuis la reprise nous avons réalisé une vingtaine d'embauches, indique Karine Desgages, directrice des ressources humaines. Nous avons retrouvé plusieurs intérimaires qui étaient partis en 2008.» Actuellement, le site angevin compte 517 CDI et 126 intérimaires.




Un système de production globale

Le groupe scandinave dans son ensemble a, quant à lui, achevé cette année «très spéciale» avec une livraison totale de 63.712 camions et bus, en hausse de 47%, pour un chiffre d'affaires de 8,683milliards d'euros (+26%) et une marge d'exploitation «exceptionnelle» de 16,3%. Il a notamment bénéficié de la demande accrue en provenance d'Amérique latine - et particulièrement du Brésil - concentrant à elle seule 32% des livraisons, contre 16% en 2007. Parallèlement, l'Europe est en baisse et passe de 61% à 39%. «Notre système de production global apparaît comme un facteur de succès, explique Jan Hilleström. Nous avons le même produit partout. Si la demande est plus forte en Amérique latine que la capacité qui y est installée, nous pouvons produire les camions en Europe et inversement. À partir de ce système de production, on peut alimenter le monde entier.»




Des délais de livraison fixes

En 2011, le groupe tire les enseignements de la crise. «

Nous avons appris qu'il fallait vraiment réduire le temps de livraison.» Des délais fixes ont été mis en place. Ils sont de huit semaines pour la France, alors qu'ils ont pu atteindre six mois par le passé. «Les unités de production doivent être beaucoup plus réactives et s'adapter à la réalité des commandes», dans un contexte de «situation mondiale incertaine». L'organisation actuelle du site angevin en est l'illustration: à la fin du mois de mai, la cadence de base, qui a atteint les 55 camions par jour au premier trimestre 2011, va subir un «ajustement» pour revenir à 48. «Mais il s'agit toujours d'un bon niveau, insiste Jan Hilleström. Ce genre de situation, où on augmente et on descend la cadence, c'est la nouvelle façon de voir les choses, il faut s'y habituer.» À plus long terme, le groupe, misant sur le potentiel des marchés émergents comme la Chine, l'Inde..., envisage, d'ici à 2017, de pouvoir produire 150.000 véhicules par an à Angers, «avec la structure actuelle» et «quelques millions d'euros d'investissements».

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