Santé-travail : «L'impulsion doit venir d'en haut»
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Santé-travail : «L'impulsion doit venir d'en haut»

Congrès Henri Lachmann (Schneider Electric), auteur d'un rapport sur le sujet, sera présent à Rennes pour un salon national sur la maîtrise des risques professionnels.

La vingtième édition du salon Preventica se tiendra à Rennes les 18 et 19mai au parc des expositions, sous le nom dédié de Prévent'Ouest. «L'objectif est d'informer sur la santé au travail et la maîtrise des risques professionnels dans les entreprises», explique Éric Dejean-Servières, commissaire général du salon. Un salon qui est en réalité aussi un congrès, avec une centaine de conférences programmées. Pour les animer, des témoins et des experts seront présents, comme William Dab, professeur de la chaire Hygiène et Sécurité du Cnam, auteur d'un rapport sur la formation des managers et ingénieurs en santé au travail, remis à Xavier Bertrand. Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé inaugurera d'ailleurs le salon le 18mai. Un autre spécialiste interviendra sur le thème du bien-être et de l'efficacité au travail: Henri Lachmann. Président du conseil de surveillance de Schneider Electric, il a coécrit un autre rapport ("Bien-être et efficacité au travail") pour le gouvernement.




Communauté d'intérêt entre employeurs et employés

Dix propositions y expliquent comment améliorer la santé au travail. Un travail qui doit apporter des réponses aux problématiques des entreprises, dans un contexte de suicides nombreux, notamment chez France Télécom. «Il faut positiver le sujet en disant qu'il existe une communauté d'intérêt entre les collaborateurs et l'entreprise: le bien-être des collaborateurs et la performance économique vont de pair», considère Henri Lachmann. Un état d'esprit qui ne semble toujours pas acquis par les chefs d'entreprises et managers. «Or, l'impulsion doit venir de la tête de l'entreprise. La santé au travail, c'est l'affaire des managers, pas des docteurs, poursuit celui qui a dirigé l'entreprise Schneider Electric de 1999 à 2005. Les managers doivent être sensibilisés, préparés et formés à la conduite des hommes. Ce n'est pas assez le cas aujourd'hui». Une idée qu'il a mise en place chez Schneider, où les managers sont sensibilisés au fait qu'il est rentable d'assurer le bien-être au travail à ses collaborateurs. «On ne peut pas être efficace si on n'est pas bien dans ses pompes! Il y a un intérêt objectif pour l'entreprise à faire travailler dans de bonnes conditions. Le travail alors n'aliène pas mais libère! Les Français ont besoin de lien social, de reconnaissance et d'appartenance. Ils les cherchent beaucoup dans l'entreprise car ils ne les trouvent plus dans l'école, dans leur église, dans l'État, dans leur famille...».




Combattre la financiarisation

Pour combattre le mal-être au travail et assurer l'efficacité à l'entreprise, Henri Lachmann dénonce notamment la financiarisation et le "court-termisme", la mauvaise utilisation des TIC, l'insuffisance de la responsabilité des managers et la non-compensation des évolutions du monde (peur du chômage, mondialisation...). Une solution peut-être pour faire baisser le nombre d'arrêts de travail en constante augmentation: 700.000 arrêts par an dans le privé.

Prevent'Ouest



De 8h30 à 18h30 Inscriptions gratuites et programme sur www.preventica.com

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