Les hommes
Fondée aux Essarts, il y a moins d'un an, RobApps réunit Pierre-Antoine Thomas (actionnaire majoritaire) et Denis Caillaud, deux jeunes trentenaires diplômés de l'Icam à Nantes et à La Roche-sur-Yon. Le premier y a suivi une formation d'ingénieur, le second obtenu un BTS en maintenance et automatismes industriels. Les deux associés ont fait connaissance dans une PME vendéenne de l'agroalimentaire, où ils travaillaient notamment sur des projets de création et maintenance de cellules robotisées. RobApps occupe actuellement des bureaux et ateliers au sein de l'entreprise Alfatec aux Essarts, dont la présidente, Isabelle Enfrin, préside le syndicat professionnel de la Métallurgie de Vendée.
Le concept
Le terme RobApps vient de la contraction de l'expression « applications robotiques ». La sémantique a son importance. « À la différence de gros intégrateurs qui livrent plutôt des robots associés à des lignes de production, RobApps conçoit et installe de solutions qui vont se greffer sur des lignes existantes », explique Pierre-Antoine Thomas. Les deux Vendéens s'adressent à deux grands marchés : l'agroalimentaire et la métallurgie. Des exemples concrets ? Une cellule capable de charger les pièces sur une machine d'usinage puis de les décharger une fois l'opération réalisée. Ou encore un bras articulé capable de déposer un décor en chocolat sur un gâteau.
Le marché
Qui dit cellule, dit budget un peu plus abordable pour les PME voire TPE, la cible de RobApps. Concrètement, le coût d'une installation varie en moyenne entre 80.000 et 150.000 euros. Évoluant dans un rayon de 150 kilomètres, Pierre-Antoine Thomas constate des besoins criants. « On installe quatre fois plus de robots en Allemagne et trois fois plus en Italie, faisait état un rapport du ministère du redressement productif en 2013, indique le créateur de RobApps. Les choses n'ont guère évolué depuis. » D'après lui, les PME considèrent souvent qu'il s'agit d'une option trop chère, trop compliquée ou bien qu'il est difficile de trouver du personnel qualifié pour piloter ce type de machine. Des freins psychologiques qui tendent à disparaître. Quid de la concurrence locale ? « Nous sommes complémentaires, assure le patron de RobApps. Et les besoins sont tels qu'on travaille tous pour faire avancer la robotique. Sachant qu'on en est au tout début. Les limites de l'intelligence artificielle sont sans cesse repoussées », répond le patron.
Leurs soutiens
Lauréats du Réseau Entreprendre, Pierre-Antoine Thomas et Denis Caillaud vont être accompagnés pendant deux ans par un chef d'entreprise. Au passage, ils récoltent un prêt d'honneur (15.000 €). Le dispositif Créavenir du Crédit Mutuel les a aussi appuyés (3.500 € de prêt).
Les perspectives
D'ici trois, la PME table sur un effectif de six personnes pour environ 600.000 euros de chiffre d'affaires.
INGÉNIERIE Avec RobApps, Pierre-Antoine Thomas et Denis Caillaud conçoivent des cellules robotisées pour les PME et TPE de l'agroalimentaire ou de la métallurgie.