LDLC : connait (plus) la crise. Après deux années noires "post-2008" - qui ont affecté la croissance de son CA - cette ETI de 480 salariés est bel et bien sortie de l'ornière (à l'inverse de son concurrent Rue du Commerce qui affichait en 2013 une nouvelle perte opérationnelle de 12,5 M€). « Cette période de crise a certes été difficile pour l'entreprise mais elle nous a aussi rendus plus forts », témoigne, philosophe, Olivier de la Clergerie, directeur général (DG) et co-fondateur en 1996 de ce groupe spécialisé dans la vente en ligne de produits informatiques. Des années noires qui ont paradoxalement, insiste-t-il, « aidé au développement du groupe ». La preuve en chiffres : le CA de LDLC pesait en 2014 plus de 250 M€ contre à peine 150 M€ , 5 ans plus tôt. Mieux : ce CA - généré pour 2/3 par la clientèle des particuliers et pour 1/3 par les professionnels - s'envolait de 20,9% au dernier semestre (avec un résultat opérationnel courant en augmentation de près 45% !). De quoi donc nourrir de solides ambitions commerciales pour cette entreprise cotée au second marché depuis tout juste 10 ans... « Nous espérons doubler notre chiffre d'affaires, à 500 M€ d'ici à 2018 », prévient ainsi son DG. Et dans le même temps, atteindre 5 % de rentabilité opérationnelle globale - contre 4 % l'an dernier. LDLC, une ETI sûre de sa croissance et de son modèle... Trop ? « Nous avons la capacité d'atteindre ces objectifs », veut croire Olivier de la Clergerie
Multicanaux
Et l'entreprise de déployer pour cela une stratégie de développement dite "multicanaux". « Nous avons en effet la conviction que le commerce de demain se fera non pas exclusivement "on-line" mais aussi en s'appuyant sur un réseau "en dur" et qu'il faut donc multiplier les canaux de diffusion de nos produits », détaille le dirigeant. En clair : LDLC, qui s'est jusqu'alors construit sur internet, mise sur une politique offensive d'expansion de sa partie retail (vente) en magasins. Avec là encore, de sérieuses prétentions puisque la marque devrait ouvrir quelque 32 nouvelles structures "off-line" sous 3 ans, en plus des 8 magasins actuels (dont les 3 derniers ont été ouverts fin 2014 à Grenoble, Saint-Etienne et Dijon). La plupart de ces relais devraient être franchisés (franchise qui impose un apport oscillant entre 100 et 130k€, droits d'entrée inclus). « Nous ne privilégions pas de zone géographique en particulier - nous recherchons en priorité des candidats passionnés », relève Olivier de la Clergerie. L'impact des 8 boutiques existantes sur le CA global de l'entreprise est pour l'heure encore « modeste », voire marginal, reconnaît-il, mais « ce réseau est complémentaire de notre offre web ». Il n'y aurait ainsi pas de perte de parts de marché on-line sur le territoire d'implantation d'un nouveau magasin. Preuve, selon l'intéressé, que « cette stratégie de multiplication des canaux est la bonne ». A confirmer à l'épreuve du temps mais déjà le calendrier 2015 est calé : entre 6 et 8 nouvelles boutiques LDLC - pour lesquelles les dossiers sont encore à l'étude - devraient ouvrir sur l'année en cours.
« L'École » à Vaise
2015 sera aussi, dans l'histoire du groupe, une année test puisqu'ouvrira à la prochaine rentrée universitaire son nouveau centre de formation, baptisé "L'École". Un établissement d'enseignement supérieur qui s' installera à Vaise pour y former en 3 ans des porteurs de projets sur le numérique. La première promotion devrait compter une trentaine d'étudiants - titulaires au minimum du baccalauréat. « Nous cherchons à former des entrepreneurs et "intrapreneurs" qui veulent se réaliser au sein d'une entreprise existante », précise le DG. Avant tout, « des passionnés qui ont une vraie vision transversale des métiers du numérique ». Olivier de la Clergerie jure qu'il ne s'agit pas d'un coup marketing pour la marque LDLC. « Il y a un vrai manque de formation sur le numérique. Nous nous installons pour durer », promet-il.
LDLC
[DARDILLY]Président : Laurent de la Clergerie 480 salariés CA au 31/03 2014 : 255 millions d'euros www.ldlc.com