Rhône : Adetel : cap sur une stratégie de partenariats technologiques
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Rhône : Adetel : cap sur une stratégie de partenariats technologiques

Le groupe entend se positionner comme un partenaire incontournable des grands industriels à la fois en France et à l'étranger. Pour réussir ce pari, il mise sur une innovation et une remise en question permanente.

Adetel fêtera ses 25 ans cette année. Un recul qui lui permet d'avancer avec une stratégie précise tant en termes d'objectifs financiers, que de cibles. En effet, le spécialiste en électronique a réalisé, en 2014, 53 millions d'euros de CA et vise, en 2015 entre 58 et 60 M€. Pour parvenir à ce résultat il s'appuiera de manière équilibrée sur ses trois marchés : les calculateurs embarqués et le contrôle commande pour l'aéronautique mais aussi pour les transports et la sureté de fonctionnement dans les domaines du médical, de la défense et de l'énergie. Par ailleurs, le groupe est bien décidé à poursuivre sa démarche au service du maintien en condition des équipements. La signature, en octobre 2014, d'un partenariat industriel au Canada avec Alstom Transport s'inscrit parfaitement dans cette direction. « Nous travaillons sur des produits avec des cycles de vie long (40 ans environ pour les TGV) et devons en conséquence accompagner nos clients sur le renouvellement de composants devenus obsolètes au bout de 7 à 10 ans », explique François Sébès, le P-dg d'Adetel group. Une mission rendue complexe par le désintérêt des fabricants de composants pour les activitésd'Adetel. En effet, « lorsque certains donneurs d'ordres du type Samsung, Apple... commandent des pièces pour sortir 1 M de tablettes ou 10 M de Smartphone par mois, l'aéronautique ou le ferroviaire perdent de leur attrait », avoue François Sébès. Alors, Adetel doit imaginer des alternatives pour continuer à assurer un service de qualité. « Le besoin d'une ingénierie nouvelle nait de ces problématiques fournisseurs. Nous devons au moment de la conception imaginer des évolutions de produit simple. La maintenance est alors anticipée », détaille François Sébès. Tout cela en gardant à l'esprit le respect de la fonction de chaque composant et la nécessité de rester dans des budgets raisonnables pour le client. Autre possibilité : stocker les composants de base dans de l'azote liquide. Le coût est alors plus faible mais cette solution demande à la fois d'importants espaces de stockage et des vérifications de fiabilités des équipements au fil du temps. « Nous effectuons en permanence des compromis technico-économique », intervient François Sébès.



Vers d'autres partenariats ?


Concrètement, l'accord industriel avec Alstom Transport vise le maintien en condition des équipements d'information passagers pour les trains, métros, tramways. Adetel qui disposait déjà d'une présence au Canada a dû recruter massivement et passer de 30 collaborateurs à 100 aujourd'hui. « Montréal est ainsi devenu pour notre groupe un centre d'excellence dédié au maintien en condition opérationnel », annonce le P-dg. La démarche adoptée avec Alstom, Adetel compte la dupliquer avec d'autres industriels. « Nous leur proposons nos compétences et leur permettons de nous confier une problématique qui n'est pas coeur de métier pour eux. Ils peuvent alors se concentrer sur des actions à plus forts enjeux comme le gain de marché à l'export », précise François Sébès. Et de poursuivre « les grands groupes ont besoin d'ETI à leurs côtés ». Mais pour peser dans cet écosystème, Adetel a encore besoin de grossir et vise un CA de 100 M€ d'ici 3 ou 4 ans. Un mouvement de croissance externe n'est d'ailleurs pas exclu. A noter que les deux fonds (CM-CIC et FTQ) au capital de l'entreprise l'accompagnent sur ces réflexions stratégique. Adetel se positionne sur un segment de niche. Et se donne les moyens de faire reconnaître son expertise technique tant en France qu'à l'international. « Actuellement, les pouvoirs publics ont des moyens limités, les grands programmes d'avions sont terminés. Aussi nous devons être dans l'innovation », précise le P-dg. Les cleantech représentent ainsi un débouché. Adetel travaille sur les véhicules électriques en ville. Des sujets qui l'amènent à s'impliquer dans les pôles de compétitivité et cluster lyonnais (LUTB, Aerospace Rhône-Alpes). En outre, son ancrage historique en région Rhône-Alpes lui assure de trouver les profils indispensables à sa stratégie d'innovation. Les écoles type INSA, Centrale Lyon, Ecole Normale... sont de bons viviers de recrutement pour l'ETI dont 80 % des effectifs sont ingénieurs de métier. Mais les axes de développement sélectionnés par Adetel et ses activités à l'export ont pour contrepartie une vigilance accrue. Pour se protéger même s'il n'existe pas de solution miracle, « l'entreprise dépose entre 3 et 4 brevets par an », intervient François Sébès.

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