Cette success story à la Lorraine initiée par Yann Frémy, actuel président du groupe Recywaste, a démarré il y a cinq ans avec la création de Recylor à Heillecourt, une entreprise spécialisée dans le transport et la gestion des déchets: déchets verts, déchets dangereux, plastiques, déchets industriels banaux. «À l'époque, nos gisements de plastiques prenaient de plus en plus d'importance. Nous les confions à des confrères, mais cela ne rapportait guère au regard des tonnages collectés. Nous avons donc fait le pari du broyage de plastiques en créant Créplast en 2007», explique Philippe Ochem, directeur commercial de Recywaste (30 personnes, 2millions d'euros de CA) et gérant de Créplast à Créhange.
«La crise a été une opportunité»
Un métier délicat en raison des risques inhérents aux erreurs de mélange pour les industriels. Ainsi, 3.000 tonnes de plastiques (PEHD, PMMA, PVC, PP, PE, etc.) sont passées par Créhange l'an dernier. «La crise a été une réelle opportunité pour nous -: Créplast a augmenté son chiffre d'affaires de 100%», se félicite l'ancien responsable des grands comptes chez Veolia à Metz. «Par rapport à d'autres professionnels plus attentistes, nous avons préféré vendre nos stocks à perte début 2009 pour avoir des liquidités. Cela nous a permis d'acheter des lots par la suite. Certains confrères ont également tenté de profiter du contexte pour faire chuter leurs prix de rachat. Du coup, les industriels se sont détournés d'eux, à notre profit.»
Investir dans un déchiqueteur
Pour poursuivre la croissance de Créplast, ses responsables envisagent d'investir dans un déchiqueteur destiné à découper les grosses pièces. Progressivement, c'est une petite holding spécialisée dans les métiers du déchet qui a vu le jour: création en 2008 de l'entreprise d'insertion I2E spécialisée dans la gestion des déchets de chantier en partenariat avec Envie Lorraine et rachat fin 2009 de Terrabilis, une plateforme de compostage à Remiremont. Et les projets ne manquent pas. Une étude est en cours avec le laboratoire Microhumus à Nancy pour l'incorporation de déchets de l'industrie agroalimentaire dans un compost normé. Enfin, une bourse aux déchets www.recywaste.eu vient d'être lancée en s'inspirant d'un modèle allemand «pour que les détendeurs de déchets trouvent des solutions de valorisation».
Sur un terrain déjà bien occupé par les majors Sita, Veolia et Paprec plastiques, l'indépendant Recywaste, né fin 2009, a réussi à se ménager une petite place au soleil.