Record battu haut la main. L'année 2016 n'est pas encore finie, mais la performance est déjà là. 27 entreprises du numérique de la région nantaise ont réussi à lever 40 millions d'euros en un an. Elles fabriquent des objets connectés ou des drones, sont dans la biotech ou dans les technologies de l'information. À la première place du classement, on retrouve l'éditeur de logiciels Sigma avec 6 millions d'euros levés. Suivent derrière les biotechs Horama et Inflectis avec 4 millions levés chacune puis Beekast, la start-up incubée à l'école des Mines de Nantes avec 2,7 millions d'euros et Speach Me qui a récemment récolté 2,2 millions.
Trois fois plus d'entreprises
Dans le peloton, on dénombre une longue liste de levées de fonds entre 1 et 1,5 million pour Sensorwake, Heliceo, Sounderbox, 10-Vins, Keendo, Gens de Confiance, Weenat, Dictanova. Quelques start-up déjà bien connues des Nantais se distinguent et c'est bien cela qui est rassurant. « L'an dernier, on avait eu surtout deux grosses levées de fonds, Lengow et iAdvize qui, à elles seules, apportaient 24 millions, cette année, les sommes sont moins importantes mais on compte trois fois plus d'entreprises concernées. C'est un bon signal », note Céline Delval, chef de projet international pour Atlantic 2.0. Pour la plupart de ces entreprises, c'est déjà une deuxième voire une troisième levée de fonds, ce qui signifie qu'elles continuent leur croissance tranquillement, deviennent solides et matures.
Fier de ses racines
Pour l'association Atlantic 2.0, qui anime 100 événements par an dédiés au numérique, cette performance est clairement liée à l'éléphant rose scotché sur la plupart des ordinateurs portables des start-uper nantais. Le label Nantes Tech créé il y a deux ans est connu, identifié. Il permet à tous les acteurs de l'écosystème nantais de se réunir sous une même bannière. C'est une signature, une marque qui parle grâce notamment à la publicité faites l'an dernier par les start-up Lengow et iAdvize. Elles ont montré la voie et mis un coup de projecteur sur Nantes. C'est en tout cas eux qui ont fait découvrir la cité des Ducs à Jeremy Uzan, un des membres d'Alven Capital, une des sociétés de capital-risque les plus prisées par les chefs d'entreprise. Jeremy Uzan a en effet réalisé quatre des plus grosses levées de fonds nantaises de ces deux dernières années. Pourtant, cette implantation nantaise n'était pas du tout préméditée. « J'avais rencontré Lengow au début de sa vie quand ils n'étaient que cinq salariés, c?était au salon du e-commerce à Paris, je ne savais pas du tout qu'ils venaient de Nantes. Dans l'année qui suit, Lengow me dit « on héberge une boite sympa, tu devrais aller les voir ». C'était IAdvize. On signe du coup deux grosses levées de fonds et on est directement identifié comme un fonds de qualité par les Nantais. Du coup, Akeneo nous contacte et puis pour Speach Me cette année, c'est Julien Hervouët, le P-dg de IAdvize qui m'a conseillé de les rencontrer. Ce n'est pas nous qui avons cartographié Nantes. C'est en quelque sorte le réseau nantais qui s'est manifesté », raconte Jérémy Uzan. Un réseau nantais très fier de ses racines, observe le business angel. « Cela m'arrive de leur dire d'arrêter de mettre à chaque phrase de leur communiqué de presse qu'ils viennent de Nantes », plaisante-t-il. « Il y a une forme de militantisme. Ils sont très fiers de leur territoire. Il y a une vraie volonté de dire qu'ils se différencient des Parisiens », remarque-t-il. Sur les douze entreprises qu'il compte dans son portefeuille, quatre viennent de Nantes.
Les Nantais en force au CES
Des entreprises fières de leur territoire et un territoire qui fait tout pour les promouvoir. En témoigne le succès de la Digital Week qui ne cesse de s'agrandir et du désormais incontournable Web2day, devenu le deuxième plus gros événement du numérique en France. Sans compter le Devfest (voir encadré), le festival des développeurs lui aussi complet depuis des mois sans même faire de publicité, et qui s'affirme comme le deuxième plus gros rendez-vous national des développeurs informatiques. Le jeu à la nantaise est en train de porter ses fruits. Deux Nantais vont représenter la France au Consumer Electronic Show de Las Vegas (États-Unis) le 5 janvier prochain, le plus important salon consacré à l'innovation technologique en électronique grand public. Pour la deuxième année consécutive les réveils olfactifs de Sensorwake et 10-Vins seront présents sur le stand French Tech. Dans la délégation nantaise, on retrouve aussi Emotic qui est en train de doubler de volume, l'éditeur MicroEJ qui vient d'ouvrir une filiale à Boston, mais aussi Dictanova et le bijou connecté Goji de Hi.