Linote, l’aide-mémoire numérique, arrive sur le marché : conçu par les équipes de la société Atlabs pour les personnes âgées seules et atteintes de troubles de la mémoire, l’objet se présente comme une tablette, capable de lire à haute voix des rappels ou encore de montrer des photos. Le créateur d’Atlabs, Anthony Tresontani, a voulu son produit très simple d’utilisation : concrètement, pour le faire fonctionner, il n’y a rien à faire.
Le créateur
« J’ai toujours eu envie d’entreprendre. Dans ma famille, tout le monde est entrepreneur, mon père m’a défendu de le suivre dans cette voie et pourtant... » Devenir chef d’entreprise était donc une évidence pour Anthony Tresontani. C’est avec un bagage technique qu’il se lance dans une carrière qui le mène en Angleterre puis au Luxembourg. « Suite à une modification du droit du travail en Angleterre, je ne pouvais pas continuer à travailler en étant itinérant. C’était la bonne occasion pour me lancer », souligne Anthony Tresontani. Nous sommes en mai 2013, mais l’entrepreneur n’a pas encore trouvé « la » bonne idée : « J’ai commencé par développer des panneaux géolocalisés pour l’immobilier. Mais le business était beaucoup trop compliqué ». Lors d’une fête de famille, le jeune entrepreneur est chargé de chercher la grand-mère de sa compagne : « Ele est atteinte de la maladie d’Alzheimer et je craignais qu’elle ne soit pas prête. Au final, nous avons mobilisé trois personnes pour le prévenir. Et je me suis rendu compte qu’elle ne lisait jamais son agenda... »
Le produit
Linote s’est d’abord appelé Relink : « Un nom trop compliqué, à consonnance anglo-saxonne, que personne ne peut prononcer », concède Anthony Tresontani. Les équipes d’Atlabs ont d’abord planché sur un système complet, mêlant écran, enceinte et caméra : « Après le Seed4Start, en 2015, nous avons compris que c’était une fausse piste », détaille Anthony Tresontani. Le coût élevé du matériel informatique aurait contraint l’entreprise à investir dans de grandes séries, prenant par la même occasion un risque financier bien très important. Le support de Linote sera donc une simple tablette, enrichie d’un système d’enceinte pour obtenir un son puissant. « Notre objectif a été de trouver les fonctionnalités clés, qui feront que la personne âgée ne pourra plus se passer de Linote », souligne Anthony Tresontani. Au final, pas de gadget, mais l’essentiel : une horloge avec un calendrier, des rappels vocaux et la diffusion de photos. « Tout le système est connecté, contrôlable à distance, par l’aidant », détaille Anthony Tresontani. Concrètement, Linote ne nécessite aucune installation : « Nous sommes sur un public qui n’a pas d’appétence pour la technologie. L’enjeu est de pouvoir faire fonctionner le système sans y toucher ».
Le développement
Proposé au tarif de 50€ par mois, Linote est pour l’instant sans réel concurrence sur sa cible privilégiée. « Nous visons les personnes seules, atteintes de troubles de mémoire, soit environ 50 à 100 000 personnes en France », détaille Anthony Tresontani. Les équipes d’Atlabs se sont lancées dans une vaste opération de communication, en essayant de toucher certains professionnels en priorité comme les ergothérapeutes. L’entreprise a déjà rassemblé 300 000 € pour développer Linote : « La levée de fonds ne sra pas un passage obligatoire, du fait de notre modèle économique », assure Anthony Tresontani. « Nous sommes sur une croissance de 7 à 10% par semaine et nous devrions atteindre 500 % sur une année ». Pour autant, le créateur ne veut pas accélérer trop vite pour consacrer du temps à ses clients. « Il y a une appétence dans le marché pour Linote. Mais il faut mener une démarche qualité, toujours veiller à la satisfaction de nos clients », souligne Anthony Tresontani, qui compte vendre environ 5 000 systèmes Linote la première année.