Angers
Qowisio : La start-up lève 10 M€ pour déployer un réseau national dédié aux objets connectés
Angers # Industrie # Levée de fonds

Qowisio : La start-up lève 10 M€ pour déployer un réseau national dédié aux objets connectés

L'opérateur de réseau cellulaire bas débit dédié aux objets connectés vient d'achever un tour de table de 10 M€ pour développer un réseau internet public destiné à connecter les objets entre eux. Il table sur un chiffre d'affaires de 140 M€ à l'horizon 2020.

C'est la troisième levée de fonds de la start-up angevine depuis sa création en 2009. Après deux tours de table ? 520.000 € en 2009 pour le lancement et 500.000 € en 2012 -, 10 M€ ont été collectés, début juin, auprès des sociétés de capital-développement Ouest Croissance, Go Capital, BNP Paribas Développement et Pays de la Loire Développement. Une opération qui doit permettre aux 25 collaborateurs de Qowisio de déployer en France un réseau internet public qui reliera entre eux les objets connectés. Et de tabler sur un chiffre d'affaires de 15 M€ sur l'exercice 2015.





Fondée par cinq associés, dont Cyrille Le Floch le président et Guillaume Houssay le dg - tous deux anciens de l'Eseo d'Angers - Qowisio a déjà déployé depuis sa création 18 réseaux bas-débit privés à l'étranger dans des pays émergents (notamment en Afrique). « Nos clients, essentiellement des entreprises privées, ont des problématiques liées à l'énergie, nous installons pour eux des réseaux indépendants notamment pour sécuriser leurs infrastructures », explique Cyrille Le Floch. Une activité qui leur a permis de générer 9 M€ de chiffre d'affaires depuis la création. Et un choix géographique stratégique. « Il y avait déjà beaucoup d'acteurs en France. Nous avons fait le choix d'aller vers des pays où il y a 6 à 10 % de croissance par an et où il y a moins de concurrence. »




Un réseau vitrine à Angers

Mais l'ambition de Qowisio aujourd'hui est de déployer un réseau public en France pour connecter les objets. Et la ville d'Angers est « un pilote avec un réseau vitrine » depuis janvier avec l'installation de 4 antennes. Quatre clients sont déjà en utilisation. « La levée de fonds servira à déployer le réseau national. Elle sécurise la France, mais n'est qu'une étape. Si ça fonctionne, nous irons vers une étape supplémentaire », annonce déjà le dirigeant. Car la start-up affiche un appétit d'ogre à l'international. Présente à travers des antennes dans une dizaine de pays (Afrique et Moyen-Orient), elle ouvre deux nouveaux bureaux cette année, au Ghana et au Nigéria et table sur une présence dans une vingtaine de pays à l'horizon 2020. « Sur 2015, nous commençons à aller sur 3 pays européens avec des partenaires entreprises privées locales. Nous allons démultiplier notre réseau vitrine en Occident. C'est là que les objets connectés risquent de percer rapidement. »




Un objet connecté en moins de 3 mois

En parallèle, la société a développé une compétence « qui va de la conception d'un objet connecté jusqu'à son application sur internet. » La start-up propose ainsi une gamme " standard " d'une quarantaine d'objets destinés aux mesures physiques de température, de pression... « C'est notre particularité, nous avons créé toutes les briques qui composent un objet connecté. Il nous a fallu 6 ans de R & D. Aujourd'hui, nous sommes capables de créer un objet connecté en moins de 3 mois ! » C'est peut-être la grande différence avec la start-up toulousaine Sigfox - dans laquelle Samsung vient d'investir - à laquelle est souvent comparé l'Angevin. Toutes deux sont positionnées sur le même créneau du réseau bas débit dédié aux objets connectés. Un secteur sur lequel se place également depuis peu Bouygues Telecom. Pour autant, Qowisio diverge sur son modèle économique face à ses concurrents. « Ils s'inspirent du modèle de la téléphonie sur les forfaits. Ce n'est pas notre vision des choses. La plupart des cadres d'utilisation de ces objets ne sont pas définis. On pressent qu'une masse d'entre eux seront éphémères. » Un exemple ? « Je pense par exemple aux puces de suivi de certains produits pharmaceutiques pour leur transport, ces objets connectés sont à usage unique et ont une durée de vie de seulement quelques heures. Le cycle d'exploitation d'un produit est bien différent de sa durée de vie. Nous sommes sur un secteur où les technologies vont vite. Alors, mettre en place un forfait annuel n'a pas de sens pour nous. Nous voulons mettre en valeur la fonction de l'objet. La bataille n'a pas lieu d'être sur le coût de la connexion au réseau. Ce n'est pas l'enjeu. »




À la Cité en septembre

Actionnaire de la Cité de l'objet connecté sur un ticket « plutôt haut », au même niveau que les opérateurs Orange et Bouygues Telecom, la " petite " start-up s'y installera dès le mois de septembre. Elle annonce 20 recrutements sur 2015 et autant l'année suivante. Et table sur un chiffre d'affaires de 140 M€ à fin 2020 tout en anticipant sur une future levée de fonds. « Là où il y a de la croissance, il y a des budgets... » assure Cyrille Le Floch.

Qowiso



(Andard) Dirigeant : Cyrille Le Floch CA 2014 : NC 25 salariés 02 41 45 69 04

Angers # Industrie # Levée de fonds