Jérôme Bousquet,
directeur général d'Eolys (Saint-Hilaire-de-Voust). Il est également président du syndicat du petit éolien (Sypeo), créé fin 2012 par cinq fabricants français.
Vous participez au débat sur la transition énergétique avant la nouvelle loi attendue fin 2013. Que voulez-vous faire évoluer?
Il faut absolument se doter d'une réglementation propre au petit éolien (jusqu'à 36Kwh). Les mâts de 12 à 30mètres de haut sont soumis aux mêmes obligations que les grandes éoliennes : dépôt de permis de construire, notice d'impact et même déclaration ICPE, comme pour les décharges publiques! Ces deux dernières obligations ne devraient pas s'appliquer.
Inversement, non soumises à ces autorisations, les mini-éoliennes de moins de 12mètres fleurissent, alors que le rendement n'est pas au rendez-vous. Sans parler des éoliennes de pignon de maison, une vraie arnaque organisée!
Quelles sont les préconisations de votre livret blanc, remis au ministère de l'Écologie?
D'abord la simplification des permis de construire, avec en délai raccourci à deux mois maximum.
Plus largement, nous souhaitons adapter le modèle du Royaume-Uni, qui favorise l'auto-consommation et prévient les risques de bulle. Leur gouvernement soutient ainsi à hauteur de 41 centimes un Kwh auto-consommé par l'utilisateur contre 29 centimes pour le Kwh renvoyé dans le réseau.
Les petites éoliennes doivent alimenter les circuits courts. Aujourd'hui 85 % de la consommation d'électricité de la région vient d'ailleurs, générant plus de 35 % de pertes lors du transport sur le réseau...
Vous êtes aussi très optimiste en matière d'emploi...
Oui. Le nombre d'installations annuelles de ces éoliennes - d'une puissance moyenne de 15kw - pourrait rapidement atteindre 2.000 unités par an. Et générer 10.000 emplois à trois ans, dans l'industrie, les bureaux d'études, l'installation et la maintenance.
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