Depuis une dizaine d'années, Plessiet a pris un virage crucial. Croissance externe et diversification font désormais partie de son langage. Dix PME composent ce groupe dunkerquois de transport et logistique, qui se targue d'être le premier transporteur du littoral et se donne les moyens d'en devenir le premier opérateur multimodal. Fort de 350 cartes grises et de 220salariés, ses 180chauffeurs réalisent un million de kilomètres par mois, du Nord à l'Ile-de-France.
30.000m² pris au port Transport Service Fluvial (TSF), la dernière activité créée ex-nihilo, il y a deux ans à peine, se veut «complémentaire au tout routier», selon Vincent Inglard, en charge de cette filiale disposant de deux plateformes, à Saint-Pol-sur-Mer et Loon-Plage. «TSF se positionne en prestataire multimodal», ajoute-t-il. Par une convention de 25ans avec Dunkerque Port, TSF a pris possession d'un terrain de 30.000m² pour ses activités au port fluvial, en bordure du canal Dunkerque-Valenciennes. Un embranchement fer vient d'y être créé et Plessiet n'exclut pas d'investir dans du matériel de déchargement et transbordement. «Notre objectif est d'utiliser la voie ferrée pour faire l'approche locale des marchandises», explique Vincent Inglard. Marinier embauché en juin2010 pour cette activité, Frédéric Bon a apporté un premier contrat significatif avec Eiffel, la filiale d'Eiffage. TSF transporte ainsi les poutres métalliques du Grand Stade de Lille, en provenance de son usine en Alsace. Le dixième et dernier convoi se fera au printemps. «Nous sommes aussi en lien avec d'autres clients à Metz, en Espagne... Le multimodal devient pertinent pour limiter les frais annexes. Nous avons de plus en plus de demandes mais aussi beaucoup de concurrence», analyse Vincent Inglard, qui dit avoir d'autres projets avec des sables marins, du charbon et coke et des produits en caisse mobile.
Objectif: 10% du groupe TSF compte atteindre l'équilibre cette année. À l'horizon de trois à cinq ans, cette filiale pourrait peser 10% du business du groupe. L'effectif, lui, devrait passer de deux à quatre salariés rapidement. Cette nouvelle activité d'affrètement fluvial donne également à Plessiet un rayonnement européen, hors de ses bases nordistes qu'il avait déjà quittées en 2005 avec le rachat de Transport Wintrebert Somme. Cette filiale vient de récupérer un marché avec Saint-Gobain, déjà client de Plessiet à Aniche. De trois camions par jour, ce nouveau flux près duTréport représentera 20.000 à 25.000tonnes par an. Au printemps 2010, Plessiet avait aussi démarré un contrat important avec Roquette assorti de quotas mensuels.
Attaquer le bassin parisien Le Dunkerquois dispose aussi d'un bureau à Rungis pour sa filiale Plessiet Logistique. Elle intervient notamment en sous-traitance pour le trafic des bananes. «Début mars, nous aurons une nouvelle implantation à Montargis, suite à un rachat qui nous permettra de déployer nos moyens pour attaquer le sud de Paris», confie Vincent Inglard. La dernière opération de croissance externe remonte à fin 2009. Plessiet avait acquis SN Degrugilliers, à Neuville-Saint-Rémy dans le Cambrésis pour mailler le sud du Nord avec 20chauffeurs.
Un siège social en construction
À Dunkerque, Plessiet investit encore et se construit un nouveau bâtiment. Sur place, Catherine Plessiet, fille du fondateur de la société en 1959, a pris le relais avec Thierry Vanlembrouck. L'activité historique de transport de vracs et granulats, associée au port et aux carrières proches, perdure. Mais la volonté de diversification est inscrite dans ses gènes. Ses camions bennes avaient déjà été transformés intelligemment avec une fosse pouvant accueillir des bobines sidérurgiques. ArcelorMittal figure aujourd'hui parmi ses nombreux clients. De nouvelles voies s'ouvrent pour Plessiet qui attend maintenant beaucoup des chantiers du canal Seine-Nord Europe et du terminal méthanier à Dunkerque.
Géry Bertrande
Transport Présent à Dunkerque depuis plus de 50ans, le groupe Plessiet sort de son giron de transporteur traditionnel pour créer des activités complémentaires. Sa nouvelle filiale TSF mise sur le fluvial et les transports spéciaux. But: devenir le premier opérateur multimodal du littoral.