Dans son bureau au 19e étage de la Cité administrative, la vue est imprenable sur Bordeaux et son agglomération. L'homme domine la ville et peut à loisir se l'imaginer en 2030, lui qui est chargé de dessiner une partie de son futur. Lui, c'est Philippe Courtois. Depuis 2009, il est à la tête d'un des projets d'aménagement urbain les plus ambitieux de France: l'opération d'intérêt national Bordeaux Euratlantique (voir interview ci-contre). À 60 ans ce Parisien passé par Roubaix, Marseille et les Hauts-de-Seine notamment, prend cette mission très à coeur, en amoureux de Bordeaux qu'il est devenu. «On m'a ?invité? à postuler pour ce travail mais j'avoue, je ne connaissais pas la ville. J'ai rencontré Alain Juppé et Vincent Feltesse. On m'a présenté le projet et j'ai rapidement été convaincu, explique Philippe Courtois. Mener de A à Z un tel projet est passionnant. Je l'avais fait en partie à Marseille quand j'ai repris la direction d'EuroMéditerranée mais là, je lance le projet en amont. J'ai une capacité d'initiative assez large, c'est très motivant.»
Appréhender la ville, son ambiance, son esprit
Depuis un an Philippe Courtois est donc installé à Bordeaux et apprend à connaître la ville, une phase très importante pour s'imprégner de son ambiance, son esprit et être attentif aux attentes de tous. «Le débat qui existe entre la rive gauche et la rive droite m'a surpris. Je pense qu'il faut que la rive droite passe à autre chose et cesse d'être dans la revendication, la réparation historique. Il faut mieux l'intégrer dans la ville et c'est le sens du projet Euratlantique. Il doit donner à Bordeaux une nouvelle centralité, un nouveau coeur d'agglomération autour de la Garonne.À ce propos j'ai également été surpris par l'absence de pont dans cette ville!»
Passer à la vitesse supérieure
Passer à la vitesse supérieure, c'est le leitmotiv de Philippe Courtois pour Bordeaux. «La ville bénéficie d'une excellente image à l'extérieur. Elle a énormément évolué en 15 ans. Le réaménagement des quais est une grande réussite mais si on veut faire de Bordeaux une ville ?millionnaire?, ce n'est pas suffisant. Il faut un coeur d'agglomération fort et attractif et une politique de développement économique du territoire, pas seulement de la ville centre. L'avantage ici c'est qu'il existe un accord politique et que les élus comme les acteurs économiques adhèrent au projet.J'ai une très bonne relation avec Alain Juppé notamment. Il me fait confiance et j'ai toute mon indépendance.» À Bordeaux, Philippe Courtois apprécie l'ambiance urbaine et pacifique, les rapports agréables dans le travail et trouve les Bordelais sympathiques même s'il regrette une chose: «Cette ville a une culture du recours assez étonnante. Ce ?procédurisme? va me pousser à bien me border juridiquement pour que ce projet voie le jour dans les meilleures conditions.»
Diplômé de sociologie rurale et urbaine et passionné par la ville et le développement économique, Philippe Courtois est le directeur de l'établissement public d'aménagement de Bordeaux Euratlantique. Homme d'expérience, il souhaite avec ce projet faire passer Bordeaux à la vitesse supérieure.