Parc d'activités : Les défis du développement durable
# Immobilier # Conjoncture

Parc d'activités : Les défis du développement durable

La France compte 25.000 à 32.000 zones d'activités. Pas toutes exemplaires en matière environnementale. Mais depuis quelques années, la donne change avec l'apparition des écoparcs.

Zones industrielles, parcs tertiaires. La France a vu fleurir au fil des décennies les zones d'activités censées constituer un must pour les entreprises en raison des facilités offertes par ces espaces situés à proximité des grands axes de transport, en périphérie urbaine ou en zone rurale. À une époque où la notion environnementale n'était pas à l'ordre du jour.




Orée et Palme, deux associations actives

«Il y a de nombreuses initiatives et des exemples de parcs emblématiques mais beaucoup reste à faire», reconnaît Nathalie Boyer, déléguée générale d'Orée. Cette association créée dès novembre1992 rassemble entreprises, collectivités et gestionnaires, associations professionnelles et environnementales, organismes académiques et institutionnels. Objectif commun, développer une réflexion sur les meilleures pratiques environnementales et mettre en oeuvre des solutions concrètes pour une gestion intégrée de l'environnement à l'échelle des territoires. C'est aussi l'ambition de l'association nationale PALME, qui a vu le jour cinq ans plus tard au moment de la signature de la charte du même nom. Une démarche appliquée à un territoire d'activités qui rassemble des considérations économiques, sociales et environnementales comme facteurs de développement durable.




«Qualité médiocre»

La France compte entre 25.000 et 32.000 zones d'activités (ZAE), soit environ 450.000 hectares. «Elles sont souvent d'une qualité environnementale médiocre, notamment pour les plus anciennes. Du fait de la concentration d'entreprises sur un même espace, les impacts environnementaux peuvent être importants. Plus largement, les ZAE sont souvent mal gérées et peu entretenues», souligne Nathalie Boyer. «Or ces espaces d'accueil d'activités constituent un réel enjeu en terme d'offre territoriale. Ainsi, les collectivités engagent désormais des actions soutenues non seulement pour la création ou l'extension de parcs d'activités, mais également dans la requalification de zones dégradées ou en friche», ajoute-t-elle. En matière de création, l'heure est au développement des écoparcs qui répondent à une double préoccupation. D'un côté, les acteurs de l'immobilier qui ont déjà intégré la réglementation RT 2012 et qui sont conscients que l'avenir est au respect de l'environnement, aux économies d'énergies et à l'intégration durable des bâtiments. De l'autre, des collectivités locales qui cherchent à répondre aux attentes des entreprises sur le chapitre socio-éco-environnemental, le triptyque du développement durable. Pour les zones existantes, la tendance est plus contrastée. «Certains territoires s'engagent avec volontarisme, d'autres, en période économique difficile, essaient de ne pas mettre trop la pression sur leurs entreprises, de peur de les voir fuir», note Nathalie Boyer. Or, ajoute-t-elle, «sans un portage politique fort, on n'y arrive pas!»




Concept d'écologie industrielle

Les efforts portent à la fois sur le management environnemental des ZAE - qui débouche idéalement sur une certification Iso 14001 (une des seules appliquées aux parcs d'activités avec l'enregistrement Emas, souligne l'association PALME) - mais aussi sur le développement de l'écologie industrielle. «C'est un concept né aux États-Unis au début des années 1980 mais mis en oeuvre avant de manière spontanée au Danemark», explique Nathalie Boyer. Objectif: créer des synergies entre les différents acteurs pour une optimisation vertueuse des flux. Exemple dans l'Aube: une unité de production de sucre dégage 400.000 tonnes de sable issu du lavage des betteraves par an. À côté, une entreprise de BTP doit aller chercher du sable à l'extérieur pour ses chantiers. Le rapprochement entre les deux entreprises a permis de dégager des synergies et quelque 100.000 € d'économie avec, cerise sur le gâteau, une mutualisation des transports, donc une réduction à la fois des coûts et de l'impact carbone.

En savoir plus

www.oree.org www.palme.asso.fr

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