ance. Les conclusions du rapport de l'expert mandaté par les syndicats ont été présentées lors du comité central d'entreprise réuni le 27mai à Rillieux-la-Pape, siège social de Lejaby. Les ouvrières de tous les ateliers ont fait le déplacement. Selon le document de Syndex, le maintien de l'ensemble des sites reste une solution viable et profitable. «À la lumière de ce rapport, nous souhaitons que l'entreprise fasse machine arrière, scande Nicole Mendez, déléguée syndicale CFDT. Lejaby peut continuer à vivre sur le territoire sans se mettre en danger. L'expertise démontre même qu'en conservant les emplois, l'entreprise fait encore des bénéfices! Nous ne voulons pas nous pencher sur le volet social tant que nous ne serons pas allés au bout des discussions sur le volet économique! Nous ne parvenons pas à comprendre cette décision de délocaliser encore... »
197 postes en jeu
Reprise par le groupe américain Warnaco en 1995, l'entreprise connaît une première restructuration en 2003. Le projet actuel de la direction est de fermer les sites de Bellegarde, Bourg-en-Bresse (Ain) et du Teil (Ardèche). 197 postes sur 653 en France sont menacés. Le groupe Palmers Textil AG, qui a racheté Lejaby en 2008, entend délocaliser davantage (passer de 70 à 90% de production hors hexagone), en Tunisie et Chine. Le Groupe autrichien évoque un effondrement des ventes en2008 et2009. Le plan de redressement prévoit un renforcement de l'innovation et du marketing, et l'élaboration d'une nouvelle stratégie de distribution. L'objectif est, en trois ans, de revenir au niveau de ventes de 2007. «En deux ans, nous avons perdu pratiquement un quart de notre chiffre d'affaires. Ceci est un fait, rappelle Raymond Mahé, président de Lejaby. Dans le même temps, l'entreprise était déficitaire en2008 et2009. Au prix d'économies très lourdes pour les salariés (blocage des salaires, chômage partiel...), nous sommes revenus à l'équilibre. Cela ne signifie pas que nous dégagions des capacités de développement pour gérer nos déficits d'exploitation... Je ne suis pas d'accord avec les extrapolations faites par les experts. Le projet de la direction est maintenu, il n'y a pas de raison de revenir en arrière. Des discussions auront lieu avec les salariés et j'espère répondre à leurs interrogations.» L'intersyndicale CFDT-CGT-FO-CGC a obtenu un rendez-vous avec Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, et réclame une table ronde au niveau régional. Le préfet de l'Ain y travaille. Les syndicats ont également rencontré la styliste Agnès b, connue pour défendre les emplois sur le territoire...
- Marques Lejaby et Rasurel. CA 2009: 6,1 M€. - www.palmers.at ; www.lejaby.fr
L'un des fleurons de la lingerie française s'achemine vers la fermeture, fin août, de trois de ses quatre ateliers en Fr